À l'Assemblée nationale, le port de la veste devient obligatoire pour les hommes

Louis Boyard, sans veste, le 8 novembre 2022 à l'Assemblée nationale. - Thomas SAMSON / AFP
Louis Boyard, sans veste, le 8 novembre 2022 à l'Assemblée nationale. - Thomas SAMSON / AFP

Comment peut-on s'habiller au Palais Bourbon ? Réuni ce mercredi matin, le bureau de l'Assemblée nationale s'est accordé pour apporter quelques précisions au code vestimentaire actuel.

Il a été signifié que la tenue des députés doit être en adéquation avec la solennité des lieux. Plus précisément, elle doit rester convenable, non-détendue, ni négligée. Autrement dit: ni les shorts, ni les bermudas ne sont autorisés. Pour les hommes, la veste devient obligatoire, tandis que la cravate est simplement recommandée.

Le sujet du dress code des parlementaires a récemment créé quelques remous. En juillet dernier, Eric Ciotti, député Les Républicains (LR) des Alpes-Maritimes a demandé un retour du port de la cravate dans le règlement de l'Assemblée nationale dans un courrier adressé à sa présidente Yaël Braun-Pivet.

"Question loin d'être anodine"

L'élu sudiste avait alors pointé un "relâchement vestimentaire" depuis début de la nouvelle législature. De son côté, Renaud Muselier, président de la Région Sud-Provence-Alpes-Côte d'Azur, avait fustigé une gauche "sale" et "débraillée".

Le député insoumis du Val-de-Marne Louis Boyard avait répondu à Eric Ciotti, en demandant lui aussi une modification du règlement. Mais cette fois-ci pour interdir "des costumes aux prix indécents". Preuve que le sujet est politique. Louis Boyard évoquait ainsi une "question loin d'être anodine".

"Porter des costumes aux prix exorbitants (...) témoigne d'un luxe indécent au regard de l'explosion de la pauvreté dans notre pays", avait-t-il fustigé.

"Incroyable sens des priorités"

Des députées LFI avaient quant à elles fait une arrivée au Palais Bourbon en portant des cravates. Une façon de dénoncer le "sexisme" et le "mépris de classe" qu'induirait le nécessaire port de cet accessoire. Lequel n'est par ailleurs plus obligatoire depuis 2017. Avant cette date, un huissier pouvait empêcher les députés d'accéder à la séance en l'absence de cravate.

Le changement des règles suscite en tout cas l'étonnement dans le camp de Jean-Luc Mélenchon.

"Ok de traiter l'Assemblée nationale comme un paillasson à chaque 49.3. Pas ok de ne pas porter de veste dans l'hémicycle", a regretté la parlementaire Danièle Obono sur son compte Twitter.

"Incroyable sens des priorités. Heureusement qu'on n'a pas 10 millions de pauvres dans notre pays", a jugé sur le ton de l'ironie le député insoumis Damien Maudet sur le réseau social.

Article original publié sur BFMTV.com