À l’ONU, le torchon brûle entre Israël et l’Ukraine

PHOTO JOHN LAMPARSKI/NURPHOTO VIA AFP

Rien ne va plus entre Israël et l’Ukraine. Le 11 novembre, la Commission des questions politiques spéciales et de la décolonisation des Nations unies a adopté un projet de résolution – déposé par l’Autorité palestinienne, reconnue en 2012 comme État observateur – demandant la saisine de la Cour internationale de justice (CIJ) de La Haye. L’objet de cette résolution : demander que la CIJ évalue en urgence le statut juridique des territoires palestiniens occupés et colonisés par Israël depuis 1967 et détermine s’il s’agit d’une annexion de facto.

Ce projet a été adopté par une écrasante majorité des commissaires (98 pour, 17 contre et 52 abstentions), et, parmi les États ayant voté en faveur d’une saisine de la CIJ, on trouve naturellement les pays réputés pour leurs positions anti-israéliennes, mais aussi et surtout l’Ukraine.

Dans le journal israélien Yediot Aharonot, le chroniqueur Itamar Eichner relève que “de toute évidence, l’Ukraine entend ainsi faire payer à Israël sa neutralité dans le conflit russo-ukrainien et son refus d’offrir un appui logistique et militaire à Kiev face à Moscou”.

Le vote de l’Ukraine à l’ONU a suscité la colère de Gilad Erdan, ambassadeur israélien à l’ONU, ce dernier accusant Kiev de s’aligner ainsi sur la position russe, “un comble”.

Vengeance ou prévoyance ?

Trois jours plus tard, le 14 novembre, l’Assemblée générale confirmait un autre vote exigeant de la Russie le paiement de réparations à l’Ukraine pour les pertes et les dommages infligés durant le conflit. Lors de ce vote, Gilad Erdan s’est abstenu.

“S’agit-il d’un acte de vengeance puéril de la part d’Israël, comme le qualifient certaines sources anonymes israéliennes ?” se demande Itamar Eichner. Ce n’est pas impossible, “mais d’autres sources estiment que s’il y avait eu une volonté de vengeance Israël ne se serait pas abstenu, mais aurait tout simplement voté contre la résolution relative aux réparations russes”.

En fait, explique le chroniqueur, l’État hébreu craindrait par-dessus tout que la question des réparations russes à l’Ukraine constitue “un précédent sur la question israélo-palestinienne et débouche à terme sur une exigence de réparations à payer par Israël aux Palestiniens”.

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