«À l’hôpital, c’est la victoire des gestionnaires face aux médecins»

Rabany, Alfred
Grève des urgences à l’hôpital Georges Pompidou, novembre 2019. / Sébastien SORIANO/ Le Figaro

FIGAROVOX/LECTURE - Alfred Rabany fait la recension de l’ouvrage de Stéphane Velut, L’hôpital, une nouvelle industrie (Gallimard, collection Tracts, 2020). Il y voit un témoignage profond et pessimiste sur la prise de pouvoir des gestionnaires et de l’administration dans les hôpitaux français.

Alfred Rabany est journaliste indépendant.

Démarrée en mars, la grève des urgences perdure. Elle s’est depuis répandue à un grand nombre de services des hôpitaux publics. Les mesures annoncées par le ministre de la Santé, Agnès Buzyn, ne convainquent pas les grévistes. Pansement sur une jambe de bois, les engagements seraient à mille lieues du besoin réel. Depuis le 15 décembre, des médecins ne cessent de démissionner de leurs fonctions administratives. Comme ils s’y sont engagés, plus de mille praticiens devraient l’avoir fait avant la manifestation de ce vendredi.

Les témoignages des praticiens qui ont été rendus publics insistent sur le manque de personnels soignants, l’écart des salaires entre le public et le privé, les fermetures de lits et le manque de moyens. En filigrane on devine un mal-être au travail, une perte de sens. Le poids de l’administratif et la baisse des financements sont désignés comme les causes principales. Le désaccord entre le personnel soignant et les administrations des hôpitaux publics est consommé. Stéphane Velut, avec son intéressante approche, ne dit pas autre chose.

Il fallait être neurochirurgien et écrivain pour vouloir disséquer le langage hospitalier. Notre auteur en a en effet l’ambition. Elle est rendue manifeste par le sous-titre, Le langage comme symptôme, choisi pour son ouvrage L’hôpital, une nouvelle industrie. L’auteur y partage l’histoire de l’hôpital telle qu’il l’a vécue et la perçoit. Il le fait avec émotion car il raconte une défaite, celle des médecins face aux gestionnaires.

Deux visions s’affrontent et disent le monde avec leur propre langage. Les médecins «usent de mots concrets pour dire ce qu’ils font» quand les (...) Lire la suite sur Figaro.fr

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