À l’enterrement de la reine Elizabeth II, la présence ou l’absence de ces invités veut parfois dire beaucoup

Les obsèques de la reine Elizabeth II se dérouleront lundi 19 septembre dans l’abbaye de Westminster à Londres.
BEN STANSALL / AFP Les obsèques de la reine Elizabeth II se dérouleront lundi 19 septembre dans l’abbaye de Westminster à Londres.

BEN STANSALL / AFP

Les obsèques de la reine Elizabeth II se dérouleront lundi 19 septembre dans l’abbaye de Westminster à Londres.

ROYAUME-UNI - C’est « l’événement diplomatique du siècle », affirment les médias britanniques. 10 jours après la mort de la reine Elizabeth II, les funérailles de la souveraine décédée à 96 ans se dérouleront ce lundi 19 juillet en présence de centaines de chefs d’État. D’autres vont aussi briller par leur absence.

Parmi les dirigeants attendus se trouve Joe Biden, accompagné de son épouse Jill, avec laquelle il est arrivé dès samedi à Londres. Une présence pas étonnante au vu de la « special relationship » (« relation spéciale ») et des liens étroits entre les États-Unis et le Royaume-Uni. Mais alors que le président américain devait rencontrer la nouvelle Première ministre Liz Truss dans la capitale britannique, le rendez-vous a été décalé à mercredi, où ils se rencontreront à New York en marge du sommet de l’ONU.

Des représentants des deux pays ont assuré que le report de la rencontre n’est pas le fruit de frictions, rapporte le Guardian. Toutefois, rappelle le quotidien, la relation entre les États-Unis et le Royaume-Uni s’est détériorée à cause de désaccords sur le protocole en Irlande du Nord, relatif aux tarifs douaniers après le Brexit. Les précédentes entrevues entre Joe Biden et Liz Truss, ancienne ministre des Affaires étrangères, étaient tendues à cause de ce sujet.

Les invitations à la Chine et l’Arabie saoudite critiquées

Malgré un agenda diplomatique chargé, Emmanuel Macron sera aussi présent dès dimanche soir à une réception organisée par Charles III au palais de Buckingham, avant de se rendre aux funérailles lundi. Le président français veut montrer par sa présence le lien « indéfectible » de son pays avec le Royaume-Uni et rendre hommage à une « reine éternelle ».

En dépit des tensions qui ont suivi le Brexit, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le président du Conseil européen Charles Michel vont aussi faire le déplacement. Parmi les autres leaders attendus, on devrait apercevoir à Londres lundi les présidents Sergio Mattarella (Italie), Frank-Walter Steinmeier (Allemagne), Isaac Herzog (Israël) ou encore Yoon Suk-yeol (Corée du Sud).

La Chine sera représentée par son vice-président Wang Qishan, et ce malgré les tensions entre les deux pays. Des parlementaires britanniques ont d’ailleurs exprimé leur mécontentement et se demandent pourquoi la décision a été prise d’inviter un régime répressif, particulièrement envers la minorité Ouïghour.

À noter que des représentants du régime chinois se sont vus refuser l’accès à Westminster Hall, où est exposé le cercueil de la reine, en représailles à la décision de Pékin en 2021 de déclarer « persona non grata » neuf responsables britanniques qui avaient dénoncé les violations des droits de l’Homme en Chine.

L’invitation envoyée à Mohammed ben Salmane, prince héritier d’Arabie saoudite, a également fait scandale. Il est accusé d’avoir ordonné l’exécution du journaliste Jamal Khashoggi en 2018... mais il est aussi un grand partenaire commercial pour les entreprises d’armes britanniques. MBS a indiqué qu’il se rendrait à Londres dans le week-end, mais sa présence aux funérailles n’est pas confirmée.

Les pays du Commonwealth représentés... pour la dernière fois ?

Les funérailles de la reine sont aussi une occasion pour les 56 membres du Commonwealth, qui regroupe principalement d’anciennes colonies britanniques et 14 royaumes, de se retrouver. Les velléités républicaines secouent certains territoires, mais tous ont répondu présent parmi lesquels le Canada, la Nouvelle-Zélande ou l’Australie, qui ont tous pour chef de l’État le souverain britannique.

Le dirigeant sud-africain Cyril Ramaphosa, la Première ministre du Bangladesh Sheikh Hasina, le président sri-lankais Ranil Wickremesinghe et le Premier Ministre fidjien Frank Bainimarama seront aussi présents, membres du Commonwealth mais indépendants depuis plusieurs années, feront aussi le déplacement.

Par ailleurs, dans un geste symbolique visant à rendre hommage à la reine, dont la visite d’État en 2011 a contribué à apaiser des décennies de tensions, le Premier Ministre irlandais Micheal Martin sera également présent. Nicola Sturgeon, la leader écossaise, sera là, même si elle milite ardemment pour organiser un nouveau référendum d’indépendance du Royaume-Uni.

L’unité de façade pourrait ne pas perdurer au-delà des funérailles. « Le Royaume-Uni est en pleine décomposition. On sait très bien que certaines parties du Royaume-Uni attendaient le décès de la reine pour faire valoir leurs velléités d’indépendance  », souligne Romuald Sciora, chercheur associé à l’IRIS et spécialiste des relations internationales, à TV5 Monde. Antigua-et-Barbuda a déjà fait connaître son intention d’organiser un référendum sur l’appartenance à la couronne. Ce qui n’empêche pas son Premier Ministre Gaston Browne de se rendre aux obsèques.

Les têtes couronnées européennes et même l’empereur du Japon

Sans surprise, de nombreuses têtes couronnées d’Europe et d’ailleurs ont confirmé leur présence aux funérailles de la souveraine. Le roi des Pays-Bas Willem-Alexander, la reine Maxima et la princesse Beatrix, le roi Philippe des Belges, le roi Harald V de Norvège et le prince Albert II de Monaco seront tous présents.

La reine Margrethe du Danemark, cousine éloignée de la reine Elizabeth et désormais seule reine régnante d’Europe, sera présente. Le roi d’Espagne Felipe VI sera là, mais aussi son père Juan Carlos I, qui a abdiqué en 2014 et vit désormais en exil aux Émirats arabes unis. Mais encore une fois, Romual Sciara n’est pas très optimiste. Pour lui, l’enterrement d’Elizabeth II, souveraine la plus connue au monde, est aussi « peut-être le requiem des monarchies occidentales et européennes ».

L’empereur Naruhito et l’impératrice Masako du Japon viendront pour leur premier voyage à l’étranger depuis leur accession au trône en 2019, une rupture avec la tradition japonaise qui voit rarement l’empereur assister à des funérailles. Le Sultan d’Oman, l’émir du Qatar ou encore le président des Émirats Arabes Unis, dont les pays ont des relations commerciales fortes avec le Royaume-Uni, feront aussi le déplacement.

Le pape ne sera pas présent mais sera représenté par l’archevêque britannique Paul Gallagher. Il représentera donc à la fois le chef d’État du Vatican mais aussi le chef de l’Église catholique lors des obsèques de celle qui était cheffe de l’Église anglicane. La raison de l’absence du pape François, 85 ans, n’a pas été précisée.

Russie, Afghanistan, Myanmar pas invités

Quid des absents ? La Russie et le Bélarus font partie d’un petit groupe de nations qui seront exclues des funérailles de la reine après l’invasion de l’Ukraine par Moscou. Le président russe Vladimir Poutine avait déjà déclaré qu’il ne serait pas présent mais la Russie a quand même jugé « blasphématoire » et « immorale » de ne pas être formellement conviée.

L’agence britannique PA indique également que la Syrie et l’Afghanistan, pays en guerre dont les leaders n’ont pas été reconnus par la communauté internationale, n’avaient pas été invités non plus. Même traitement pour le Venezuela, en crise politique depuis plusieurs années et dont les relations diplomatiques avec Londres sont coupées, et Myanmar, victime d’un coup d’État en 2021.

PA précise qu’il y aura malgré tout des représentants « au niveau de l’ambassade » pour la Corée du Nord, dirigée par le dictateur Kim Jong-un, ainsi que pour le Nicaragua et l’Iran. Une invitation pour la forme, afin de montrer les relations mitigées qu’entretiennent ces pays avec la couronne.

Entre les chefs d’État et les familles royales se trouveront aussi environ près de 200 anonymes, des membres de l’équipe de la reine invités pour saluer leur dévouement envers la couronne. Parmi eux, détaille Sky News, ses dames de compagnie ou des employés de maison, ou le président d’une association qui aide à payer les funérailles des vétérans de guerre.

Ils se retrouveront lundi matin parmi les 2 000 invités de l’abbaye de Westminster, où Elizabeth II a été couronnée en 1953, pour le point d’orgue des hommages rendus dans une immense émotion depuis la mort de la monarque à la popularité planétaire. L’organisation des funérailles d’État, les premières depuis celles de Winston Churchill en 1965, représente pour la police de Londres un défi sans précédent, et mobilise des milliers de policiers et militaires.

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