À l’Assemblée, Yaël Braun-Pivet se paie le député « en grève »

POLITIQUE - « Puérile ! » Yaël Braun-Pivet n’a pas mâché ses mots. Lors des questions au gouvernement de ce jeudi 3 novembre, la présidente de l’Assemblée nationale a rabroué Rodrigo Arenas, le député insoumis s’étant présenté dans l’hémicycle avec un brassard « en grève ».

Dans la matinée, le parlementaire avait effectivement assuré être « en grève » contre « la mesure autoritaire » du 49.3, tout en poursuivant ses activités « par respect pour ses collègues et les électeurs ».

« Tenue vestimentaire neutre »

Yaël Braun-Pivet (Renaissance) a cité le règlement intérieur de l’Assemblée : la « tenue vestimentaire doit rester neutre » et « ne saurait être le prétexte à la manifestation de l’expression d’une quelconque opinion ». Elle a ensuite reproché au député Arenas de lui avoir adressé une « lettre particulièrement puérile » : « Nous exerçons un mandat, nous ne sommes pas dans une situation de subordination. Vous n’avez pas à vous mettre en grève. Grandissez un peu ! », a-t-elle tancé.

Le député de Paris a enlevé son brassard en maugréant. Plus tôt dans la journée, Rodrigo Arenas avait reproché au gouvernement « d’abîmer le travail du Parlement » avec le recours « abusif » au 49.3. Cet ancien président de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) déplore notamment les « dizaines d’amendements jetés à la poubelle » et critique particulièrement le non-examen en séance du budget de l’Éducation, son sujet de prédilection.

Mercredi, la Première ministre a déclenché pour la quatrième fois en quelques jours l’article 49 alinéa 3 de la Constitution pour faire passer l’ensemble du projet de budget 2023 sans vote en première lecture à l’Assemblée, où les macronistes sont privés de majorité absolue. Le 49.3 a aussitôt interrompu les débats. En réaction, le groupe LFI a annoncé le dépôt d’une motion de censure contre le gouvernement. Mais celle-ci n’a que peu de chances d’aboutir.

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