À l’approche du Congrès du Parti communiste chinois, Pékin serre un peu plus la vis

WANG ZHAO / AFP

À l’approche du 20e Congrès du Parti communiste chinois (PCC), qui débutera le 16 octobre à Pékin, le pouvoir chinois “redouble d’efforts afin de contrôler l’opinion publique”, observe le journal singapourien Lianhe Zaobao.

Le bureau central chinois du cyberespace a annoncé, le 2 septembre, via son compte WeChat, le lancement d’une campagne spéciale de lutte contre les rumeurs et la désinformation en ligne concernant “les réunions majeures, les événements d’envergure, les annonces politiques importantes”. Le bureau a également promis de “nettoyer et d’éliminer de manière stricte, rapide et sévère” les rumeurs et la désinformation qui “insultent et calomnient les héros et les martyrs, profanent et nient l’esprit et les actes des héros et des martyrs”.

Même si l’annonce ne mentionne pas le Congrès quinquennal du PCC, Lianhe Zaobao considère que cette campagne spéciale d’une durée de trois mois a sans doute été lancée expressément pour le 20e Congrès, qui “est la plus importante réunion [politique] de l’année en Chine”.

Déjà 20 milliards d’informations “illégales” censurées

Le journal singapourien rappelle qu’une campagne chinoise visant à “créer un environnement en ligne propre” est déjà en place depuis plusieurs années sur Internet, ce qui a conduit à fermer “près de 1,4 milliard de comptes” et à censurer “20 milliards d’informations illégales et indésirables” depuis 2019.

Interrogé par Lianhe Zaobao, Lu Xi, professeur adjoint de l’École de politique publique Lee Kuan Yew de l’Université nationale de Singapour, estime que de telles actions ne sont plus aussi nécessaires qu’elles l’étaient dans le passé, sachant que, “ces dernières années, les autorités chinoises ont strictement contrôlé le cyberespace, et elles n’ont jamais relâché la surveillance”. En outre, il n’y a, selon lui, plus de conflits internes au parti comme auparavant, tant “le pouvoir au sein du PCC est centralisé”.

Pour Lu Xi, il est peu probable que des rumeurs politiques de premier plan apparaissent avant le 20e Congrès. “Même si quelqu’un voulait contester [le pouvoir central], il ne pourrait trouver un angle d’attaque que par le biais de la politique publique et des événements publics. Mais à seulement un mois et demi du 20e Congrès, la possibilité d’une telle percée est très mince”, conclut-il.

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