À la Une: l’Amérique latine se reconfine

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« Un nouvel isolement », titre El Espectador en Une. À partir ce mardi 6 avril, Bogota, en Colombie, remet en place le « pico y cedula », un système de rotation pour accéder aux lieux privés ouverts au public comme les banques, les magasins, selon son numéro de carte d’identité. Un reconfinement strict de quatre jours est prévu à partir de samedi et pourra être prolongé, prévient la maire de Bogota.

Unités de soins intensifs saturées

En Équateur, la situation de Guayaquil suscite des inquiétudes, à quelques jours du deuxième tour de l’élection présidentielle. La ville avait connu un effondrement de son système de santé lors de la première vague l’année dernière et des difficultés pour évacuer les corps des personnes décédées. Aujourd’hui, la situation est alarmante selon un porte-parole du conseil municipal cité par El Mercurio. Les unités de soins intensifs sont occupées à 100 %. « La province de Guayas, dont Guayaquil est la capitale, est comme sept autres provinces en état d’urgence depuis vendredi, avec un couvre-feu et des restrictions de circulation ». La situation n’est pas vraiment meilleure à Quito, la capitale, où 96 % des lits de réanimation sont occupés, selon le journal La Hora.

De son côté, le Costa Rica a rouvert ses frontières terrestres avec le Nicaragua et le Panama lundi, après un an de fermeture. « 159 000 doses d’AstraZeneca et de Pfizer arrivent dans le pays », annonce La Nacion. Le plus gros est arrivé lundi soir, il s’agit d’achats directs auprès de Pfizer. 43 000 autres vaccins seront acheminés mercredi par l’intermédiaire du mécanisme Covax. La campagne de vaccination se poursuit donc, avec en parallèle cette alerte de la Caisse de sécurité sociale du Costa Rica. Elle signale, note La Nacion, une augmentation des formes graves du Covid-19. « Pour la première fois au cours des trois derniers mois, le taux d’occupation des lits des unités de soins intensifs est supérieur à celui des autres départements ».

Les multinationales américaines bientôt davantage taxées ?

Aux États-Unis, les élus démocrates au Congrès dévoilent leur plan pour augmenter l’impôt sur les bénéfices réalisés à l’étranger par les multinationales. Une proposition qui selon le New York Times « pourrait permettre de collecter jusqu’à 1 000 milliards de dollars au cours des 15 prochaines années ». De quoi financer le vaste plan d’investissements présenté par Joe Biden la semaine dernière. Un plan qui permettrait, se félicite le San Antonio Express News, au Texas, « de compenser les déficiences révélées par la tempête hivernale ». Une partie de cet État avait passé des semaines entières sans électricité, voire sans eau. Ces investissements fédéraux permettraient aussi, note le journal, « de reconstruire les ports et les autoroutes, tout en élargissant l’accès au haut débit dans les zones rurales ».

La secrétaire au Trésor soutient en parallèle une démarche de taxation « internationale ». Il s’agirait de créer un impôt minimum mondial qui s’appliquerait aux multinationales, quel que soit le lieu où elles ont leur siège, l’idée étant d’éviter qu’elles se réfugient dans des paradis fiscaux. Paris et Berlin se réjouissent de cette initiative. Pour le Wall Street Journal, dans son édito du jour, c’est la compétitivité américaine qui est menacée.

Au Canada, un Français dénonce le test de langue française imposé aux résidents étrangers

Pour obtenir sa résidence permanente au Québec, il est obligatoire de passer un test de langue française. Mais cette épreuve, notamment sa partie « compréhension orale », a donné du fil à retordre à un Français de 39 ans. « Il faut répondre, explique Le Devoir, à 60 questions en 40 minutes » seulement. Yohann Flaman a finalement réussi ce test à la deuxième tentative.

Mais il dénonce dans les colonnes du journal canadien « un processus beaucoup trop sélectif », trop cher (le test coûte environ 160 euros), et « contre-productif », surtout pour les secteurs qui recrutent, comme le sien. Ce camionneur de 39 ans « met au défi les Québécois de passer l’épreuve, tout en soulignant l’ironie que ces tests soient envoyés en France pour être corrigés ».

La mort d’un pionnier du rock vénézuélien

Henry Stephen s’est éteint hier à 79 ans dans un hôpital de Caracas après des complications liées au Covid-19, explique Efecto Cocuyo. El Nacional raconte la longue carrière du chanteur, qui a commencé par des reprises des Beatles dans sa région natale de Zulia, avant le succès national connu avec son groupe « Los Impala » et dans le monde entier, avec ce titre Limón, Limonero, disque d’or et tube de l’été en Espagne en 1968. Ce titre « reste encore dans l’imaginaire vénézuélien ».

Efecto Cocuyo rappelle qu’Henry Stephen avait créé la controverse l’année dernière en apparaissant sur la chaîne de télévision d’État et en faisant « de la publicité pour une marque de farine de maïs produite par l’armée ». Le président Nicolas Maduro a salué sa mémoire. « Son héritage, a-t-il dit sur Twitter, reste parmi nous ».