À l’aéroport de Kaboul, des barbelés et des tirs empêchent l'accès à l’aéroport

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La tension s’accentue à l’extérieur de l’aéroport international Hamid Karzai, où des milliers d’Afghans se pressent pour tenter d’embarquer un avion pour quitter la ville. Des vidéos montrent la foule massée devant l’aéroport, alors que l’on entend des coups de feu. Notre Observateur, un étudiant afghan, raconte une scène de désespoir à l’une des entrées de l’aéroport, où des hommes, des femmes et des enfants ont essayé de passer les barrières de barbelé.

Quatre jours après que les Taliban sont arrivés à Kaboul, les évacuations se sont accélérées. Les Taliban ont assuré qu’ils laisseraient partir les étrangers et les Afghans qui le souhaitent. L’accès à l’aéroport est pourtant difficile, rendant compliquée l’évacuation de ceux qui veulent partir.

Au moins 12 personnes sont décédées à l’aéroport depuis le 15 août, selon des responsables de l’Otan. Un responsable taliban a affirmé à Reuters que les décès avaient été causés par des bousculades ou par des tirs, ajoutant que les personnes qui n’ont pas d’autorisation de voyager doivent rentrer chez eux.

Selon des témoins, des responsables talibans ont empêché des personnes d’accéder à l’aéroport, bien qu’ils disposent de documents leur permettant de voyager en règle. Selon notre Observateur, qui était à l’aéroport le matin du 19 août, les forces de sécurité afghanes et les soldats américains ont tiré plusieurs coups de feu d’avertissement.

Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux montrent le chaos à l’extérieur de l’aéroport:

“Mes frères, s’il vous plaît, reculez derrière les fils barbelés”

Mahmoud (le prénom a été modifié), un étudiant afghan, s’est rendu à l’aéroport, jeudi, dans l’espoir d’embarquer sur un vol commercial. Il craint d’être ciblé par les Taliban pour avoir participé à des échanges étudiants avec des universités américaines.

J’avais un billet pour un vol commercial prévu pour aujourd’hui. J’ai appelé la compagnie aérienne hier [18 août 2021, NDLR] et ils m’ont dit que les vols commerciaux allaient reprendre jeudi [19 août, NDLR]. Je suis arrivé à l’aéroport vers 8 h du matin. Il y avait des checkpoints de Taliban le long du trajet. Ils m’ont demandé où j’allais, j'ai répondu que j’allais à l’aéroport. Ils ne m’ont pas demandé de montrer de documents. Il n’y avait pas de checkpoints sur la route de l’aéroport.

Quand j’ai atteint l’entrée principale de l’aéroport, la porte était fermée et il y avait des combattants talibans devant. Ils m’ont dit d’aller à l’entrée de la partie militaire de l’aéroport, à deux ou trois kilomètres de l’entrée principale.

Quand je suis arrivé là-bas, j’ai vu des troupes américaines et les forces spéciales afghanes. Les Américains laissaient entrer les gens par trois ou quatre, en soulevant les fils barbelés. Quand il y avait une famille, ils laissaient passer tous les membres de la famille.

Il y avait beaucoup d’Afghans qui espéraient entrer. C’était vraiment chaotique. La plupart d’entre eux n’avaient ni documents valides, ni passeport, ni billet d’avion. Certains étaient venus avec des factures d’électricité. D'autres avaient de faux visas. Il y avait des rumeurs selon lesquelles les soldats américains laissaient passer les gens avec de faux visas.

Les soldats américains ont plusieurs fois dit aux gens de reculer. Ils ont donné des avertissements en anglais, en pashto et en dari, mais personne n’y a prêté attention. Les hommes, les femmes et les enfants continuaient de se presser contre les barbelés. J’ai vu des gens qui saignaient, des vêtements déchirés.

Puis j’ai vu les soldats américains tirer des coups de feu d’avertissement en l’air, juste au-dessus de nos têtes. Les soldats afghans ont aussi tiré. Les soldats américains ont utilisé des sortes de “bombes” qui faisaient un gros bruit et un flash lumineux, puis de la fumée qui nous faisait nous étouffer. Je ne voyais plus rien.

Je ne sais pas ce que je vais faire maintenant. Même si les vols commerciaux reprennent demain, je n’irai plus à l’aéroport si la situation reste la même. C’est trop dangereux.

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