À Kiev, von der Leyen réitère le soutien de l'UE à l'Ukraine "aussi longtemps qu'il le faudra"

© Valentyn Ogirenko, Reuters

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a assuré jeudi, lors d'une visite à Kiev, le plein soutien de l'Union européenne à l'Ukraine "aussi longtemps qu'il le faudra" dans la guerre face à la Russie.

L’UE reste solidaire de l’Ukraine. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a promis jeudi 15 septembre lors d'une visite à Kiev que l'UE soutiendrait l'Ukraine "aussi longtemps qu'il le faudra" face à la Russie, au moment où les troupes ukrainiennes engrangent des succès.

Cette visite intervient parallèlement à une rencontre entre les présidents russe et chinois, Vladimir Poutine et Xi Jinping, qui se sont retrouvés en Ouzbékistan pour un sommet régional de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), vantée comme une "alternative" aux alliances occidentales.

Vladimir Poutine a dénoncé à cette occasion les tentatives occidentales de créer un "monde unipolaire", vantant la position "équilibrée" de Pékin, qui n'a pas dénoncé l'invasion de l'Ukraine (sans l'approuver non plus). Xi Jinping a souligné que son pays était prêt à assumer son rôle de "grande puissance" avec la Russie, tout en insistant sur l'objectif de "stabilité" face au "chaos".

"L'accession" à l'Union européenne

En Ukraine, Ursula von der Leyen s'est de son côté entretenue avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky et le Premier ministre Denys Chmyhal, se disant impressionnée par la "bravoure" des forces ukrainiennes sur le front et confirmant une aide financière de 5 milliards d'euros pour Kiev proposée par la Commission début septembre. "Vous aurez vos amis européens à vos côtés aussi longtemps qu'il le faudra. Nous sommes amis pour toujours", a-t-elle lancé.

Il s'agissait de la troisième visite en Ukraine pour Ursula von der Leyen – qui a reçu jeudi une décoration ukrainienne de la part de Volodymyr Zelensky – mais de sa première depuis que l'Ukraine est devenue un Etat candidat à l'entrée dans l'UE.

Elle avait indiqué avant son voyage que les discussions porteraient sur la manière de "rapprocher nos économies et nos populations au moment où l'Ukraine avance vers l'accession" à l'Union.

Les Européens avaient entériné en juin la candidature de l'Ukraine, qui ambitionne également de rejoindre l'Otan. Cette perspective est perçue comme une menace existentielle par Moscou, qui a lancé sous ce prétexte, parmi d'autres, une invasion du pays le 24 février.

Les Occidentaux ont adopté en réaction une série de sanctions à l'encontre de la Russie tout en fournissant des armes à Kiev, un soutien crucial qui lui a permis de reprendre ces dernières semaines des milliers de kilomètres carrés de territoire aux forces russes.

"Sérieux dégâts"

L'Ukraine plaide toutefois également pour un soutien financier, alors que son économie s'est effondrée et que le pays a besoin, selon les estimations du ministre des Finances Serguiï Martchenko, de cinq milliards de dollars par mois pour couvrir son déficit budgétaire.

À la veille de la visite d'Ursula von der Leyen, le président Volodymyr Zelensky s'était rendu dans la ville stratégique d'Izioum récemment reprise aux Russes dans la région de Kharkiv (nord-est), d'où il a promis aux Ukrainiens la "victoire".

Il a souligné que "la quasi-totalité de la région de Kharkiv est libérée" avec la prise de "400 localités", à la faveur d'une contre-offensive ukrainienne lancée début septembre.

Dans la soirée mercredi, les forces russes ont pour leur part frappé à l'aide de sept missiles des infrastructures hydrauliques, provoquant une crue subite de la rivière Ingoulets à Kryvyï Rig, la ville natale de Volodymyr Zelensky, qui a dénoncé une tentative de l'inonder.

Une nouvelle frappe a visé la ville jeudi, touchant une "entreprise industrielle" et causant de "sérieux dégâts" sans faire de victimes, a indiqué le chef de l'administration militaire locale, Oleksandre Vilkoul.

Contre-offensive

Sur le front dans l'Est, plusieurs villes et villages dont Toretsk, Bakhmout, Avdiivka et Tchassiv Iar ont été bombardées avec un bilan de deux civils tués et 13 blessés ces dernières 24 heures, selon le décompte de la présidence.

À Bakhmout, les journalistes de l'AFP ont vu un épais panache de fumée jeudi matin après la frappe qui a touché un immeuble d'habitation dans la nuit. Des pompiers tentaient de retrouver des corps au milieu d'un amas de débris, tandis que les rues étaient quasi-désertées, des tirs d'artillerie se faisant entendre.

Dans la région de Kherson (sud), où les forces ukrainiennes mènent également une contre-offensive mais semblent rencontrer plus de résistance qu'à Kharkiv, la situation est "extrêmement difficile" avec des "combats actifs", selon la présidence.

L'armée russe a de son côté affirmé avoir mené des "frappes massives" contre les forces ukrainiennes dans les régions de Mykolaïv (sud) et de Kharkiv (nord-est).

La porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, a averti Washington contre l'envoi de missiles à longue portée à l'Ukraine, ce qui constituerait le franchissement d'une "ligne rouge" et forcerait Moscou à "réagir".

Avec AFP