À Kaboul, des femmes afghanes pro-talibans manifestent voilées

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AFGHANISTAN - “Nous sommes satisfaites de l’attitude et du comportement des talibans”. Le slogan était scandé par plusieurs centaines d’Afghanes entièrement voilées qui se sont réunies ce samedi 11 septembre dans l’amphithéâtre d’une université de Kaboul pour exprimer leur soutien au nouveau régime taliban dont la politique à l’égard des femmes suscite l’inquiétude dans le pays comme à l’étranger. Une illustration de la propagande des nouveaux maîtres de l’Afghanistan.

Ces 300 femmes, dont la majorité portait des niqabs noirs couvrant la totalité de leur visage (yeux exceptés), ont brandi les drapeaux des nouveaux maîtres de l’Afghanistan en écoutant les oratrices venues défendre les mesures du nouveau régime.

Manifestation autorisée contrairement aux autres

Une poignée d’entre elles avaient revêtu la burqa, un voile intégral doté d’une grille au niveau des yeux dont le port était obligatoire sous le premier régime taliban (1996-2001) et de nombreuses femmes portaient des gants noirs, ont constaté des journalistes de l’AFP. Les talibans, qui sont revenus au pouvoir le 15 août dernier vingt ans après en avoir été chassés, sont attendus au tournant, notamment sur la question des droits des femmes.

La population et la communauté internationale gardent en mémoire l’application stricte de la charia, la loi islamique, lors de leur premier passage au pouvoir. Les femmes n’étaient alors autorisées ni à étudier ni à travailler. Depuis le 15 août, le mouvement islamiste a promis que leurs droits seraient respectés et annoncé qu’elles pourraient étudier à l’université, à condition qu’elles portent une abaya et un niqab et que les cours soient non-mixtes - ou alors séparés des étudiants par un rideau.

Dans l’amphithéâtre de l’université Shaheed Rabbani ce samedi, les oratrices qui se sont succédé sur l’estrade ont tancé -en anglais- les femmes descendues dans les rues ces derniers jours dans le pays pour réclamer le respect de leurs droits. Elles ont également défendu le nouvel exécutif qui a interdit les manifestations - sauf autorisation donnée par le ministère de la Justice. Une autorisation demandée et obtenue par les manifestantes de l’université, selon Daud Haqqani, chargé des relations extérieures au ministère de l’Éducation.

“Satisfaites”

“Nous sommes contre ces femmes qui manifestent dans les rues en prétendant qu’elles sont représentatives des femmes” afghanes, a dénoncé la première intervenante. “Est-ce que la liberté c’est d’aimer l’ancien gouvernement? Non, ce n’est pas ça la liberté”, a-t-elle ajouté. “Le gouvernement sortant abusait des femmes. Les femmes étaient recrutées uniquement pour leur beauté”.

Une autre étudiante, Shabana Omari, a affirmé être d’accord avec la politique des talibans selon laquelle les femmes devraient toutes porter un voile. “Celles qui ne portent pas le hijab nous font du mal, à nous toutes”, a-t-elle estimé, en référence au voile islamique. Pour une autre oratrice, Somaiya, les choses ont changé, en bien, depuis le retour des talibans.

“Nous ne verrons plus de bihijabi [personnes ne portant pas de foulard, ndlr]”, a-t-elle déclaré. “Les femmes seront en sécurité. Nous soutenons de toutes nos forces notre gouvernement”. À l’issue des discours, les manifestantes ont défilé dans la rue en brandissant des pancartes sur lesquelles on pouvait notamment lire “les femmes qui ont quitté l’Afghanistan ne peuvent pas nous représenter” ou encore “nous sommes satisfaites de l’attitude et du comportement des moudjahidines (talibans)”.

Plus de trois semaines après avoir pris le pouvoir, les talibans ont dévoilé cette semaine la composition de leur gouvernement provisoire mais leur politique comporte encore de nombreuses zones d’ombre. Le nouveau régime a indiqué que les femmes seraient autorisées à travailler “conformément aux principes de l’islam”, sans donner plus de précisions.

À voir également sur Le HuffPost: Afghanistan: le direct d’une journaliste italienne interrompu par des tirs de talibans

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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