À la Une: la justice américaine se rapproche du président du Honduras

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Lundi, nous dit La Página, « un jury de New York a reconnu coupable de trafic de drogue (...) Geovanny Fuentes Ramírez ». Selon le communiqué du ministère américain de la Justice, ce dernier aurait « facilité l'expédition de grandes quantités de cocaïne [aux États-Unis] en soudoyant Juan Orlando Hernández », le président du Honduras. Geovanny Fuentes Ramírez serait notamment passé par Tony Hernández, le frère du chef de l’État, actuellement jugé aux États-Unis.

Les procureurs soulignent que « chaque président hondurien, depuis 2006, a reçu des pots-de-vin de la part de trafiquants en échange d'une protection et de la promesse de ne pas être extradé ». Mais ils affirment que l'actuel président « est allé encore plus loin et s'est associé à Geovanny Fuentes Ramirez pour produire et trafiquer de la cocaïne ». Le président du Honduras n'est pas à l’heure qu’il est inculpé par la justice américaine. Il nie toutes les accusations et assure, c'est à lire dans Tiempo Digital, que « les chiffres prouvent que sous son administration, le trafic de drogue a baissé de 95% ». Il accuse la presse de privilégier les Unes et les titres les plus sensationnels.

Un allié de poids de Washington en Amérique centrale

Cette affaire n'arrange pas Joe Biden, écrit Carlos Dada, directeur du média El Faro dans une tribune publiée par le New York Times. Juan Orlando Hernández est un allié fidèle des États-Unis en Amérique centrale depuis près de dix ans. Cette implication présumée dans le trafic de drogue en direction des États-Unis « complique le maintien du soutien qu'il a toujours reçu de Washington ». Pour les questions migratoires, la lutte contre le trafic de drogue, « Washington n'a pas d'interlocuteur à Tegucigalpa ». Au-delà du président, selon lui, c'est « tout le système qui est pourri ».

Texas : rares photos à l’intérieur d’un centre de détention pour mineurs

La presse américaine relaie aussi les photos prises par un élu démocrate dans un centre d'hébergement d'urgence pour mineurs du service des douanes et de protection des frontières, à Donna, au Texas. On y voit des adolescents couchés les uns à côté des autres sur des matelas avec des couvertures de survie, entassés sous des tentes transparentes. Selon cet élu à la Chambre des représentants, les agents n'ont pas « le nécessaire pour s'occuper d'enfants », note le Houston Chronicle. Axios, premier média à avoir eu accès à ces clichés, rappelle que ces photos sont rares car « l'administration Biden a limité l'accès de ces centres aux journalistes ».

Nouvelle fusillade au Colorado

À la Une également ce mardi : une fusillade a fait 10 morts, dont un policier, dans un centre-commercial de Boulder, au nord-ouest de Denver, au Colorado. Le New York Times note qu'il s'agit, après Atlanta, de la deuxième fusillade en moins d'une semaine. Un retour à la normale, en quelque sorte, après près d'un an sans fusillade de masse dans un lieu public. Le journal revient sur la longue histoire du Colorado avec les tueries de masse, depuis ce jour de 1999 où deux élèves avaient ouvert le feu sur leurs camarades dans le lycée de Colombine. « On dirait qu'il n'y a plus d'endroit sûr », lance un rescapé de la tuerie. « J'ai failli mourir juste en allant chercher un soda et un paquet de chips ».

États-Unis : réparations gouvernementales pour les Afro-américains

C'est une première aux États-Unis. Des réparations gouvernementales seront attribuées aux Afro-américains éligibles qui résident à Evanston, dans la banlieue de Chicago, nous apprend leWashington Post. Ces réparations visent « à reconnaître les dommages causés par les politiques et les pratiques discriminatoires en matière de logement ». Le vote du conseil municipal d'Evanston « permettra, dans un premier temps, de débloquer 400 000 dollars, distribués sous forme de subventions (...) pour l'accès à la propriété et l'amélioration des logements » des Afro-Américains, qui constituent 16% de la population de la ville. Sont concernés « principalement ceux qui peuvent prouver qu'ils sont des descendants directs de personnes qui ont vécu dans la ville entre 1919 et 1969 et qui ont souffert de cette discrimination ». En tout, c'est une enveloppe de 10 millions de dollars qui est prévue et qui sera financée « par le revenu des taxes annuelles sur le cannabis au cours de la prochaine décennie ».

Équateur : Tannya Varela à la tête de la police

Tannya Varela a été nommé cheffe de la Police nationale équatorienne. Elle est la première femme à la tête de l’institution. Son visage s'affiche en Une de La Hora qui rappelle ses 36 années de service. « L'année dernière, Tannya Varela avait été nommée chef d'état-major, c'est-à-dire la numéro 2 de la police », déjà, à l'époque, une première, écrit El Mercurio. « Parmi les principaux défis que devra relever la nouvelle chef de la police figurent la perception croissante de l'insécurité, la lutte contre le trafic de drogue et le crime organisé, ainsi que la violence sexiste ». Elle avait créé un département spécialisé dans les violences domestiques au sein de la Police nationale.

Les hôpitaux américains prêts à tout pour cacher leurs tarifs

À lire, enfin, dans le Wall Street Journal ce mardi : les hôpitaux américains ont trouvé le moyen de contourner une loi fédérale de l'administration Trump entrée en vigueur le 1er janvier 2021. Cette dernière les oblige, pour une meilleure transparence, à publier le prix des soins dans leurs établissements. Le quotidien économique note que « des centaines d'hôpitaux ont intégré des lignes de code dans leurs sites web » qui empêchent les moteurs de recherche d'afficher les pages contenant cet inventaire des prix. Il est toujours possible d'accéder aux tarifs, mais « bonne chance pour les trouver », lance un professeur de l'Université de Washington. Pour lui, « c'est une chose de ne pas optimiser son site pour la recherche, c'en est une autre de le baliser pour qu'il ne puisse pas apparaître dans les moteurs de recherche. C'est une indication claire de l'intentionnalité » de la démarche.