À la Une: jusqu’où ira Donald Trump pour renverser les résultats de la présidentielle?

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« Alors que les démarches juridiques de l’équipe du président sont rejetées les une après les autres par les tribunaux, Donald Trump intervient désormais directement pour persuader les élus républicains d’annuler la victoire de Joe Biden », dénonce le Washington Post.

« L’idée, explique de son côté le Boston Globe, est de retarder la certification des résultats dans les États clés ». Puis, face à l’incertitude ainsi créée, « le président voudrait une intervention des Parlements de ces États, où les républicains sont majoritaires. Donald Trump veut convaincre ces élus de désigner des grands électeurs qui voteront pour lui au moment du collège électoral, le 14 décembre prochain. Et qui ignoreraient donc tout simplement le résultat des urnes », s’alarme le journal.

Le Michigan au centre de l’attention présidentielle

Dans ce contexte, tous les yeux sont braqués sur le Michigan aujourd’hui. Donald Trump a invité le président de la Chambre du Michigan, Lee Chatfield, et le chef de la majorité au Sénat du Michigan, Mike Shirkey, à la Maison Blanche ce vendredi. Ces deux éminents élus républicains ont « d’ores et déjà affirmé qu’ils ne participeront pas à un coup de force au collège électoral ». Mais selon le site d’information The Bridge Michigan, cette option est « ouvertement encouragée » par certains élus républicains de cet État du Midwest : « le comité républicain du 14e district du Michigan a diffusé cette semaine un projet de résolution qui exhorte la majorité républicaine au Congrès de l’État à établir une liste complète de grands électeurs qui soutiennent pleinement la réélection du président Donald Trump. Et ceci, alors que Joe Biden a remporté le Michigan avec plus de 157 000 voix d’avance ».

Ce qui amène l’éditorialiste du quotidien local Detroit Free Press à appeler Lee Chatfield et Mike Shirkey à ne pas se rendre à Washington : « En temps normal, lorsque le président des États-Unis vous invite à la Maison Blanche, vous y allez. Mais ce ne sont pas des temps normaux. Et Donald Trump n'est pas un président normal ».

La presse américaine souligne également que le Michigan à lui seul ne suffirait pas à Donald Trump pour renverser la victoire de Joe Biden.

Selon les informations du Boston Globe, qui cite plusieurs conseillers de la Maison Blanche sous couvert d’anonymat, « le président a demandé quels responsables républicains il pourrait appeler dans d'autres États pour empêcher la certification des résultats ».

Le New York Times estime que « les candidats les plus probables sont la Géorgie et l'Arizona. Tous deux ont choisi Monsieur Trump en 2016. Les Congrès y sont contrôlés par les républicains et les postes de gouverneurs sont également occupés par des membres du parti conservateur ».

« Le président forme les politiciens à saboter la démocratie »

Ces agissements du président américain sont vivement critiqués par les éditorialistes. Le Los Angeles Times y voient la « dernière tentative désespérée de Donald Trump de s’accrocher au pouvoir ». USA Today dénonce « un niveau de dépravation et de narcissisme sans précédent pour un locataire de la Maison Blanche ».

L’éditorialiste du New York Times prévient : « Monsieur Trump est en train de former des politiciens à renverser des résultats qui ne leur conviennent pas, à saboter activement la démocratie. Et il le fait avec l'aide de presque tous les dirigeants républicains qui continuent à faire preuve de loyauté aux dépens de la nation ».

Un avis partagé, et c’est assez rare pour le souligner, par le New York Post, habituellement fidèle soutien du président : « Le président a une telle emprise sur des millions d’électeurs américains que le Parti républicain ressent le besoin de s’aligner sur l’incapacité de Donald Trump à admettre sa défaite ».