À la Une: la Journée de la vérité et de la réconciliation au Canada

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Les Canadiens vivent ce jeudi 30 septembre la toute première Journée nationale de la vérité et de la réconciliation. Cette journée a débuté la veille à Ottawa avec une cérémonie en présence de Justin Trudeau.

Sur une scène, des centaines de chaussures et de peluches éparpillées rappellent tous les enfants disparus. Depuis le mois de mai, plus d’un millier de tombes anonymes ont été retrouvées sur les sites d’anciens pensionnats pour autochtones. Autant de témoins de la politique d’assimilation forcée menée par le Canada. Le Premier ministre canadien a appelé tous les citoyens à réfléchir sur le passé de leur pays :

« Tout le monde est doué pour raconter à quel point nous sommes formidables, à quel point nous avons été héroïques à ce moment-là, nos dirigeants courageux à d’autres moments. Il est plus difficile de réfléchir à la vérité, aux erreurs, au mal que nous avons fait dans le passé. Mais c’est ce que ce jour, ce jour de Vérité et Réconciliation, doit être, de reconnaître la vérité, que ce pays dans son passé a été responsable de terribles injustices. »

La question du « racisme systémique »

Ce discours et cette journée ne sont pas une simple commémoration, elle arrive au cœur d’un débat toujours vif particulièrement présent dans les pages de la presse québécoise. Le chroniqueur du quotidien La Presse Paul Journet titre d’ailleurs « Se chamailler devant une tombe ». Il dénonce le comportement des députés ces derniers jours. Ils ont, selon lui, « guerroyé » au sujet de l’expression de « racisme systémique ». Un exercice durant lequel Les Premières Nations se seraient vues réduites à « des balles de ping-pong dans une sorte d’avant match de la prochaine campagne électorale ». L’inquiétude brandie à l’Assemblée nationale, la possibilité que d’autres groupes minoritaires invoquent le même concept.

Pourtant, selon l’éditorialiste du journal Le Québec Josée Legault ce racisme systémique anti-autochtone est une réalité qui persiste notamment dans les institutions canadiennes. Elle rappelle la mort de Joyce Echaquan il y a un an. La mère de famille avait posté une vidéo d’appel à l’aide quelques minutes plus tôt où l’on entend deux infirmiers l’insulter au lieu de lui venir en aide.

Dans La Presse à nouveau, Philippe Mercure appelle dans un édito à « redresser la barre avant le naufrage ». De son point de vue cette Journée de la vérité et de la réconciliation est la preuve qu’une prise de conscience est en cours, mais pas suffisamment pour se « donner de grandes claques dans le dos ». Il affirme que certains ministères refusent même de fournir des informations au comité chargé de faire le suivi des recommandations faites par le Parlement pour améliorer les relations entre les autochtones et les services publics.

Équateur : le pire massacre du système carcéral

En Équateur, les prisons ont été placées sous « état d’exception ». Un nouveau massacre entre gangs rivaux a fait au moins 116 morts dans un centre pénitentiaire du sud-ouest du pays.

El Universo raconte une journée de larmes et d’anxiété des mères, épouses et filles de détenus. Hier, elles étaient des dizaines entre la Penitenciaria, et la morgue à tenter de savoir si leurs proches faisaient partie des victimes. C’est le pire massacre de l’histoire du système carcéral national. L’affrontement a éclaté mardi, mais il a fallu toute la journée de mercredi et l’arrivée de renforts militaires pour réussir à extirper les corps et les blessés de la prison et reprendre le contrôle de chaque section.

Dans un édito, El Comercio appelle à mettre fin à l’horreur avec un constat : entourer la prison de militaires et renforcer le contrôle policier n’est pas suffisant. Des cartels transnationaux planifient des enlèvements et gèrent des disputes de territoires depuis leur cellule. Pour le journal, il faut des prises de décision rapides et surtout une coopération internationale pour éviter que l’horreur se répète.

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