À la Une: Joe Biden sera-t-il sauvé par le vote afro-américain?

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Les Américains se réveillent à nouveau sans connaitre le nom de leur futur président. Alors que le décompte se poursuit et que Joe Biden se rapproche de la fameuse majorité de 270 électeurs, les journaux tentent d’analyser le vote du 3 novembre.

Selon certains quotidiens, c’est le vote afro-américain qui a -encore une fois- sauvé Joe Biden. Selon Washington Post, le candidat démocrate a été, comme lors de la primaire de son parti en Caroline du Sud, porté par l’électorat afro-américain. Un électorat qui s’est massivement mobilisé cette année, d’après un expert électoral de Caroline du Sud, interviewé par le Washington Post. « Encore une fois, c’était aux électeurs afro-américains de se lever et de sauver notre démocratie », renchérit Anjuan Seawright. L’expert poursuit en soulignant que si cet électorat clé se mobilise, il peut faire basculer une élection. En 2020, ils étaient 87% à voter en faveur de Joe Biden, contre 12% qui ont donné leur voix à Donald Trump. D’après des militants afro-américains, la mobilisation de ces électeurs, très affectés par la crise sanitaire, a commencé dès le mois de mars. Une ONG surnommé Black Votes Matter a concentré ses efforts sur les Etats du Midwest, dont le Wisconsin et la Pennsylvanie, des efforts qui se révèlent aujourd’hui payants, estime le Washington Post.

Donald Trump a élargi son électorat parmi les Latinos

Plus d’un tiers de cet électorat a voté pour le président sortant, un chiffre en hausse par rapport à 2016. Le journal USA Today consacre plusieurs articles à l’analyse du vote latino, une analyse qui n’est pas facile. Il est vrai, écrit le journal, que la communauté cubaine soutient fortement la ligne dure que le président Donald Trump mène à l’encontre de la Havane. Sa politique « pro-entreprises », anti-régulation plait également à la communauté hispanique qui, par leur culture catholique peut également s’identifier avec les positions du président sortant. Autre élément qui penche en faveur de Donald Trump : sa volonté d’en finir avec l’immigration illégale par tous les moyens, une politique soutenue par une partie de la communauté latino.

USA Today ajoute que Joe Biden peut encore compter sur la majorité de cet électorat. Mais d’après le journal, les démocrates doivent se poser des questions pour savoir comment éviter que de plus en plus de latinos soient séduits par les républicains. Une chose est sûre, explique un journaliste hispanique dans USA Today : Les propos de certains démocrates qui voulaient désarmer la police à la suite des violences contre des afro-américains ne sont pas de nature à séduire la communauté latino, plutôt attachée à une certaine idée de « law and order ».

Quoi qu’il arrive, Donald Trump restera influent

Déjà, si jamais il ne fera qu’un seul mandat, il peut encore faire beaucoup de mal jusqu’à la fin de celui-ci, en janvier 2021, écrit le New York Times. Mais contrairement à d’autres présidents qui ont dû quitter la Maison Blanche après un seul mandat (comme Jimmy Carter ou George Bush père), Donald Trump peut compter sur une base électorale d’au moins 68 millions d’Américains, soit à peu près la moitié des électeurs. Sans oublier ses 88 millions d’abonnés à son compte Twitter, il est clair que Donald Trump restera une voix importante au sein du camp conservateur. Il pourrait même se hisser en « faiseur de roi » de futurs candidats républicains, estime le New York Times. Un ancien sénateur républicain explique dans le journal que d’après lui, Donald Trump n’a aucune envie de quitter la scène politique. Il pourrait rester le dirigeant incontesté du parti, notamment grâce à un atout de taille, rappelle le New York Times, à savoir une base de données électorale inédite.

L’élite américaine comprend mal l’enthousiasme pour le président

Les journalistes et universitaires ont encore du mal à comprendre cet engouement pour Donald Trump qui dure. C’est ce qu’on peut lire dans le journal canadien Le Devoir. « Les gens qui sont allés à l’université, les journalistes, les sondeurs ne voient pas et ne comprennent pas cet enthousiasme qui existe pour Trump… », d’après un politologue américain cité par le journal. D’après lui, les partisans du président sortant ne sont pas représentés dans les cercles de gens qui écrivent sur ce genre de phénomènes. Avec cette méconnaissance, soutient Le Devoir vient aussi un mépris, un regard porté de haut par les élites qui empêche d’autant plus à comprendre l’adhésion durable de la moitié du pays à la politique de Donald Trump.