À la Une: Jeanine Anez, présidente par intérim en Bolivie

« La stratégie de l’opposition pour arriver au pouvoir », titre le journal bolivien El Deber. En quoi consiste-elle cette stratégie ? Selon le quotidien, Jeanine Anez savait très bien que les élus du MAS, le parti d’Evo Morales, ne viendraient pas au Parlement pour élire la personne qui assurera l’intérim de la présidence. La deuxième vice-présidente du Sénat a bien préparé son coup, écrit El Deber.

S’appuyant sur l’article 170 de la Constitution, elle a constaté « l’absence définitive du président à cause de l’abandon du territoire ». Ce qui « l’a obligée à déclencher le processus de succession ». Un processus validé donc par le tribunal constitutionnel, mais décrié par le MAS qui se trouve désormais dans le rôle de l’opposition. Le journal brésilien Folha de Sao Paulo de son côté qualifie cette transition de « manœuvre » et en précisant que la sénatrice « s’est déclarée présidente ».

Jeanine Anez, peu connue des Boliviens 

C’est pour cela que l’on peut lire pas mal de portraits de Jeanine Anez dans la presse latino-américaine. Mais on n’y apprend pas beaucoup de chose. D’après le quotidien mexicain El Universal, très peu de Boliviens ont entendu parler de cette sénatrice, avocate de formation et présentatrice à la télévision. En tant que membre de l’Unité démocratique, le parti d’opposition le plus important, elle peut se targuer d’une grande expérience politique. 

Quelles sont les premières décisions qu’elle doit prendre ?

D’abord, Jeanine Anez s’est rassurée du soutien de l’armée et de la police qui avaient l’une après l’autre lâché Evo Morales. La Razon publie une photo de la présidente de transition en train de remercier les responsables de la police. Leur chef qui avait présenté sa démission a promis qu’il travaillera avec l’armée « à la pacification du pays ».

L’autre tâche qui attend Jeanine Anez qui a reçu aussi le soutien de deux dirigeants de l’opposition, l’ancien candidat à la présidence Carlos Mesa et Luiz Fernando Camacho, est de présenter rapidement son cabinet, écrit La Razon.

Le récit du voyage d’Evo Morales vers son exil au Mexique

En attendant la mise en place du gouvernement par intérim, Evo Morales a trouvé asile au Mexique, après un périple rocambolesque. C’est-à-lire entre autre dans le journal mexicain La Razon. Evo Morales a atterri hier après-midi à l’aéroport Benito Juarez. Il a été accueilli par le ministre mexicain des Affaires étrangères Marcelo Ebrard. Le chef de la diplomatie qui a qualifié le périple de l’ancien président bolivien de « voyage dans les méandres de la politique latino-américaine ».

Il y a eu pas mal de complications. Elles ont commencé lorsque l'avion de l'armée de l'air mexicaine affrété pour aller chercher Evo Morales a atterri lundi au Pérou. Il a été immobilisé pendant des heures en attendant l’autorisation des autorités boliviennes de franchir leur espace aérien. Une fois atterri en Bolivie, dans le fief d’Evo Morales, la situation est devenue tendue. Les partisans de l’ancien président étaient postés autour de l'aéroport, tandis qu'à l'intérieur étaient stationnées les forces armées boliviennes.

Evo Morales lui était déjà dans l’avion mais ne pouvait pas décoller car les autorités boliviennes ne voulaient pas lui donner le feu vert. Il a fallu l’intervention des présidents de l’Argentine et du Paraguay, ce dernier a accepté une escale pour ravitaillement. C’est le Brésil qui a finalement sauvé la mission en permettant à l’avion mexicain de survoler de son territoire, après le refus de l’Équateur de laisser Evo Morales entrer dans son propre espace aérien. Le Brésil qui a d’ailleurs reconnu la présidente bolivienne par intérim, c’est à lire dans Folha de Sao Paulo.

Jair Bolsonaro qui claque la porte de son parti, le PSL

Son objectif : fonder un nouveau parti. Son nom : Alliance pour le Brésil. D’après la Folha de Sao Paulo, le Brésil pourrait ainsi pour la première fois avoir un parti d’extrême droite. Un parti qui s’appuie sur des valeurs « réactionnaires, militaires et religieuses », écrit Folha de Sao Paulo qui s’interroge sur l’impact de cette initiative.

Peut-être la nouvelle formation ne sera-t-elle finalement pas plus qu’un groupe WhatsApp écrit le journal. Pour le journal O Globo, au contraire, c’est un pas de plus vers la personnalisation du pouvoir présidentiel. Jair Bolsonaro pose déjà les jalons pour les élections municipales de 2020.