À la Une: interrogations sur le nouveau président péruvien par intérim

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La presse latino-américaine s’interroge sur la personnalité du nouveau président, Manuel Merino de Lama. D’après le site d’information argentin Perfil, Manuel Merino de Lama, ancien chef du Congrès et depuis hier nouveau président par intérim, est plutôt inconnu du grand public. Arrivé au pouvoir après une procédure de destitution contestée contre Martin Vizcarra, sa légitimité est fragile, poursuit le site d’information.

Perfil rappelle aussi que Manuel Merino, membre du parti conservateur Accion Popular, a été élu au Parlement avec seulement un peu plus de 5 000 voix. Et ce dans un pays qui compte 33 millions d’habitants. Le pouvoir de Manuel Merino ne provient pas de ces quelques votes, poursuit Perfil, mais d’un Congrès décidé à se venger de l’ancien président Martin Vizcarra. Ce dernier a été très populaire auprès des Péruviens, car il a osé « s’affronter aux parlementaires qu’il a accusés de corruption à plusieurs reprises ».

Manuel Merino soupçonne de « trafic d’influence »

Le journal brésilien Folha de Sao Paulo, l’ancien agronome est sous le coup d’une enquête pour trafic d’influence. Il est accusé d’avoir facilité des contrats entre sa famille et le gouvernement. Sa sœur, une architecte, a pu obtenir un contrat gouvernemental pour un projet d’assainissement rural. Sa mère a loué un bureau réservé aux employés du ministère de la Défense. Et son frère est propriétaire d’une entreprise qui fournit de l’engrais au ministère de l’Agriculture. Manuel Merino lui nie d’avoir joué un rôle dans l’attribution de ces contrats.

Le site d’information Perfil précise qu’il est devenu le troisième président depuis 2016, depuis l’élection de Pedro Pablo Kuczynski, ce qui montre d’une manière générale la « fragilité politique et institutionnelle du Pérou ».

Les accusations de fraude sont infondées

« Il n’y a pas de preuve de fraudes », titre le New York Times. Le journal a enquêté sur le terrain, a parlé avec les responsables électoraux de 45 États. Et leur avis est unanime : il n’y a pas de preuve de fraudes. Et ils ajoutent : compte tenu de la situation sanitaire, le scrutin s’est déroulé d’une manière remarquable. Le New York Times cite les propos de Frank LaRose, un républicain qui travaille dans l’administration de l’Ohio. Il dénonce ces rumeurs et ces théories du complot qui fleurissent un peu partout à travers le pays. « Je ne comprends pas, dit-il, pourquoi les élections génèrent ce genre de mythologie ».

En début de semaine, son équipe a officiellement contesté les résultats dans sept comtés de Pennsylvanie. L’argument avancé par les avocats : le vote par correspondance et le fait que les bulletins envoyés par courrier étaient dépouillés seulement à partir du jour de l’élection rendrait le système injuste. Or, comme le remarque le New York Times, ce même système s’applique aussi dans d’autres États, que Donald Trump a gagnés – et dont les résultats ne sont pas contestés par le président sortant.

Les dangers d’une transition compliquée

Le refus des républicains de concéder la victoire freine non seulement le processus de transition, mais pose un réel danger pour la sécurité du pays. C’est ce que souligne un professeur de droit dans le journal canadien Le Devoir.

Selon Paul Schiff Berman, « il ne faut pas sous-estimer le fait que plus le temps passe d’ici à ce que l’équipe de transition de Biden puisse avoir accès à des documents du gouvernement, plus cela représente un réel danger pour le bon fonctionnement de notre gouvernement ». L’expert rappelle que « la commission qui s’est penchée sur les attentats du 11 septembre 2001 avait souligné l’importance que la transition du pouvoir au sommet se fasse rapidement ».

Haïti et l’espoir d’un vaccin contre le Covid-19

L’annonce de la finalisation de deux vaccins contre le Covid-19 suscite beaucoup d’espoir dans le monde. En Haïti, les autorités sanitaires espèrent une acquisition équitable au cas où un vaccin serait reconnu. Selon le directeur du Laboratoire national de santé publique, qui s’est exprimé dans le Nouvelliste, « la route qui va mener à l'acceptation d'un vaccin en Haïti sera longue ».

Le docteur Jacques Boncy précise que « l’on va devoir se questionner sur le type de vaccination et la stratégie d'acquisition et de distribution ». En fait, plusieurs études sont actuellement en cours en Haïti, pour savoir combien d’Haïtiens ont été en contact avec le virus et pour connaître le type de virus qui circule dans le pays. Cette dernière étude « sera déterminante dans les stratégies visant à bloquer la circulation du virus », explique le professeur à l'Université d'État d'Haïti dans le Nouvelliste.