À la Une: Google au pied du mur?

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C’est à la Une d’une partie de la presse américaine ce mercredi 21 octobre : le ministère américain de la Justice a lancé des poursuites au civil contre Google pour abus de position dominante. Il s’agit de la plus importante action judiciaire depuis près de 20 ans contre l’un des piliers technologiques du pays.

Pour le New York Times, ce procès « pourrait remodeler la façon dont les consommateurs utilisent internet ». Concrètement le gouvernement fédéral accuse Google de sceller des accords avec d’autres géants comme Apple et d’étouffer la concurrence grâce à des accords commerciaux exclusifs. « Près de 50 % du trafic de son moteur de recherche provenait d’appareils Apple en 2019. Google paie au fabricant d’iPhone entre 8 et 12 milliards de dollars par an pour rester l’option par défaut » sur ses appareils, indique le journal.

« Ce procès, qui pourrait s’étendre sur plusieurs années, pourrait déclencher une cascade d’autres procès anti-monopole intentés par les procureurs généraux des États », explique le New York Times. Des dossiers sont montés notamment à New York et au Texas. En effet, « les États disposent de leurs propres lois anti-monopole », écrit le Wall Street Journal. « Ils sont souvent mieux placés que le gouvernement fédéral pour demander des dommages et intérêts ».

Des républicains dans l’équipe de Joe Biden ?

En parallèle, les États-Unis sont entrés dans la dernière ligne droite de la campagne présidentielle. Selon Politico, Joe Biden fait les yeux doux à des figures du parti républicain. Depuis le début de sa campagne, le candidat démocrate se présente comme le candidat de l’unité et il pourrait, selon le média américain, choisir une poignée de républicains pour figurer dans son équipe de transition.

L’article cite d’anciens gouverneurs ou sénateurs, qui pour certains ont déjà eu l’occasion de s’exprimer lors de la convention démocrate. Mais Politico souligne que cette initiative « risque de faire enrager la gauche » du parti démocrate.

Donald Trump et son compte bancaire en Chine

Le New York Times, qui dit y avoir eu accès aux déclarations fiscales du président américain, publie des informations sur un compte bancaire, jusqu’ici inconnu, domicilié en Chine. Donald Trump a aussi conservé une société sur place pendant toute la durée de son mandat.

Pour le journal, cela tranche avec ses attaques contre son adversaire, Joe Biden, qu’il accuse de laxisme à l’égard de la Chine, en mettant notamment en avant les relations d’affaires de son fils dans ce pays. L’avocat du groupe Trump se défend en précisant que cette société n’a concrétisé « aucun accord, aucune transaction » et que « depuis 2015, le compte en banque est resté inactif ».

Des parents séparés de leurs enfants à la frontière restent introuvables

Aux États-Unis toujours, 545 enfants de migrants n’ont toujours pas retrouvé leurs parents dont ils avaient été séparés à leur arrivée dans le pays. Ils avaient été placés seuls dans des centres de détention dans le cadre de la politique de « tolérance zéro » de l’administration Trump, explique The Hill. Cette mesure, qui se voulait dissuasive pour les migrants clandestins, a finalement été abandonnée. Depuis, les avocats de ces enfants placés dans des foyers ou des familles d’accueil tentent de retrouver les parents.

Mais selon l’Union américaine pour les libertés civiles, qui a intenté une action en justice contre le gouvernement fédéral, beaucoup sont introuvables. Ils auraient été expulsés des États-Unis, notamment vers l’Amérique centrale. Une décision de justice datant de 2018 oblige le gouvernement américain à faire le nécessaire pour réunir ces familles, mais les recherches ont longtemps été interrompues par la pandémie de coronavirus.

Uruguay : les adieux de Pepe Mujica à la vie politique « active »

L’ancien président José « Pepe » Mujica, figure de la gauche latino-américaine, a quitté la vie politique mardi. Il a formalisé une annonce faite il y a quelques semaines déjà. À 85 ans, Pepe Mujica renonce à son siège de sénateur. L’ancien chef de l’État de 2010 à 2015 souffre d’une maladie auto-immune et dit prendre cette décision en raison de la pandémie de coronavirus, car il ne peut plus aller à rencontre de ses administrés. « Être sénateur, c’est parler aux gens, ça ne se joue pas dans les bureaux », a-t-il déclaré.

Le journal chilienLa Tercera raconte la longue carrière de José Mujica, qui « après avoir pris les armes, traversé de dures conditions carcérales [sous la dictature], puis rejoint la politique, a fait preuve d’un formidable pouvoir de séduction avec un message d’humanité qui a imprégné le monde ». En Colombie, la revue Semana salue aussi « son style, loin du protocole, et ses discours devant la communauté internationale, axés sur des valeurs humaines, inhabituelles dans le langage politique ».

Mardi, l’ancien président a rendu son tablier en même temps qu’un autre ancien chef d’État de 84 ans, Julio María Sanguinetti. Le journal uruguayen La República note que « dans un geste républicain, les anciens chefs d’État ont accepté, des semaines plus tôt, de démissionner le même jour ». La photo de leur dernière accolade dans l’enceinte du Sénat est à la Une de la presse en Uruguay. « J’ai ma part de défauts. Je suis passionné, a déclaré Pepe Mujica lors de son discours au Sénat. “Mais dans mon jardin, je n’ai pas cultivé la haine depuis des décennies ». Pour El Observador, en Une, c’est une démission « sans adieu » pour les deux hommes qui continueront d’influencer leur parti politique. La Tercera note que Pepe Mujica a « laissé de côté la politique active, mais a précisé qu’il continuerait à conseiller son parti chaque fois qu’il sera appelé ».