À la Une: Fusillades aux États-Unis, la communauté asiatique sous le choc

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« Une communauté qui a peur », titre le Washington Post. Une peur qui concerne surtout les femmes asiatiques, explique Helen Kim Ho dans le journal. Pour cette Américano-Coréenne, les Asiatiques, même s’ils sont nés aux États-Unis, sont toujours considérés comme des étrangers. Les femmes souffrent en plus d’un phantasme très sexualisé de la part des hommes, ajoute cette militante originaire d’Atlanta.

Le Washington Post a recueilli d’autres témoignages qui montrent l’inquiétude au sein de cette communauté. Comme celui de Chrystal Jin Kim, dont les parents ont émigré de la Corée du Sud aux États-Unis. Elle réfléchit par exemple à restreindre ses sorties. Elle a peur aussi pour ses parents. Elle explique que lors qu’elle était enfant, le racisme anti-asiatique faisait partie de son quotidien : « J’ai toujours entendu des insultes racistes à mon égard ou contre les parents. Et mes parents ont souvent été traités comme des débiles parce que leur anglais n’était pas parfait ».

Les crimes racistes contre la communauté asiatique en hausse

Elles ont plus que doublé en 2020 par rapport à l’année précédente, révèle le Washington Post, citant une étude universitaire. Mais ces statistiques, poursuit le journal, ne rendent pas compte de la violence des attaques. Par exemple, « lorsqu’un homme jette une bouteille en verre en direction d’une mère qui est en train de mettre son enfant dans le siège bébé de sa voiture, en lui hurlant : rentre chez toi ! »

Le problème, explique le Washington Post, c’est que ces crimes ne suscitent pas de mobilisation de la part de la population américaine. Personne ne descendra dans la rue pour dénoncer le racisme anti-asiatique. Et l’auteur de l’article de conclure que ce n’est pas un hasard que les actes anti-asiatiques se sont multipliés avec la pandémie du coronavirus. L’ancien président Donald Trump n’avait cessé de fustiger le soi-disant « virus chinois ». D’ailleurs selon une autre étude, presque la moitié des attaques contre la communauté asiatique concerne des Chinois.

Les fusillades d’Atlanta, un « crime de haine » ?

Pourquoi la police n’a pas qualifié les fusillades de crime raciste. C’est la question que se pose le Los Angeles Times qui ne croit pas à la version officielle selon laquelle le tueur présumé était un « obsédé sexuel ». « Si le meurtre de six femmes asiatiques n’est pas un “crime de haine”, qu’est-ce que c’est ? », titre le journal. Le Los Angeles Times regrette que beaucoup de médias se soient contentés de relayer la version officielle des autorités, qui se sont, il est vrai, basées sur les déclarations du tireur lui-même.

Selon le journal, « il fallait regarder sur Twitter, écrit le quotidien, pour lire et entendre l’incrédulité de milliers de femmes asiatiques disant leur doute quant à la motivation “sexuelle” du tueur présumé, évoquée par la police. Ces femmes témoignaient des abus, des violences et du racisme qu’elles subissent. »

Des actes anti-asiatiques augmentent aussi au Canada

Ces actes et crimes à caractère raciste sont également en hausse au Canada. D’après Le Devoir, le « vandalisme » dans le quartier chinois à Montréal a augmenté tout comme les « violences verbales et physiques envers des Québécois d’origine asiatique ». Par exemple, il y a une semaine, « un homme d’origine coréenne… a été aspergé de poivre de Cayenne par des passants ». Un cas révélé par Mei Chu, la porte-parole de l’Association des Chinois progressistes du Québec, citée par Le Devoir.

Selon cette avocate, la haine à l’égard des Asiatiques est un véritable virus. Mais comme aux États-Unis, elle ne date pas d’hier. Les immigrés asiatiques ont été dès le début confrontés à une « discrimination endémique à l’emploi et au logement », ce qui explique d’ailleurs aussi en partie, selon Le Devoir, la création de quartiers chinois, tel qu’on les rencontre encore aujourd’hui partout en Amérique du Nord.

Au Paraguay, la demande de destitution du président rejetée

La chambre des députés a rejeté la demande de destitution du président Mario Abdo Benitez par l’opposition minoritaire. Cette dernière l’accuse de « mauvaise gestion » de la pandémie de coronavirus. Le journal Independiente se réjouit du réveil de la jeunesse qui depuis des semaines descend dans la rue. Mais le quotidien estime que le rejet de la demande de destitution augmente encore plus la distance entre les gouvernants et les gouvernés. Pour le journal ABC, les députés de la majorité, en « sauvant le président », ont tout simplement ignoré le souhait du peuple.

Le président Mario Abdo Benitez, critiqué entre autres pour ne pas avoir acheté suffisamment de doses de vaccin, s’en est pris au Covax, le mécanisme onusien de distribution de vaccin aux pays pauvres. « Malgré nos efforts, nous n’avons pas encore reçu de vaccin à travers le Covax », a-t-il déclaré, cité par le journal La Nacion.