"Pas à nous de faire la justice": face aux affaires de violences faites aux femmes, Fabien Roussel refuse le rôle de "procureur"

Fabien Roussel le 20 septembre 2022 sur RMC-BFMTV - RMC
Fabien Roussel le 20 septembre 2022 sur RMC-BFMTV - RMC

"Toutes les violences sexistes, sexuelles, contre les femmes [...] sont intolérables". Sur BFMTV, Fabien Roussel avait la mine grave. Depuis la semaine dernière un sujet est sur toutes les lèvres: la mise en cause d'Adrien Quatennens, visé par une main courante de son épouse, Céline Quatennens, pour des faits de violences conjugale. Une enquête a été ouverte en ce sens par le parquet de Lille à l'encontre du député insoumis du Nord, pour "violence par conjoint".

Cela n'a pas de "place dans notre société", selon Fabien Roussel et "encore moins", pour les reponsables politiques qui doivent "être irreprochables" sur ces sujets, précise-t-il. Le secrétaire général du Parti communiste français (PCF) plaide également pour que la parole soit "d'abord en direction des victimes".

Ce dimanche, le leader de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon a suscité un tolléen saluant dans un premier temps le "courage" et la "dignité" d'Adrien Quattennens alors que celui-ci avait annoncé un peu plus tôt dans un communiqué qu'il se retirait de ses fonctions de coordinateur de la France insoumise (LFI). Dans ce même document, l'élu évoquait des faits s'apparentant à des violences conjugales, confiant notamment avoir infligé une "gifle" à Céline Quatennens.

"Un fait daté d'un an", avait-il précisé.

"Règles communes"

Depuis, plusieurs membres de la France insoumise ont pris leurs distances. "Ce sont ses mots, pas les miens", a par exemple déclaré dans Le Parisien Clémentine Autain députée LFI en Seine-Saint-Denis. Tout en appelant les siens à ne pas "perdre le fil de [leurs] engagements fondamentaux".

"Je ne vais pas polémiquer sur les réactions des réactions", s'est contenté de répondre Fabien Roussel.

D'après le député communiste du Nord, il faut mettre en place des "règles communes", pour "savoir comment on recueille la parole et comment, derrière, on agit". L'ancien candidat à la présidentielle s'interroge: "Est-ce que tout cela doit être rendu public comme l'a fait Sandrine Rousseau, j'ai un doute là-dessus". La veille, la députée écologiste a révélé sur France 5, avoir reçu l'ex compagne de Julien Bayou et que celle-ci aurait été victime de "comportements de nature à briser la santé morale des femmes".

"On nous demande à nous, chefs de parti, d'être les procureurs"

S'il souligne le "mouvement extraodinaire" #MeToo, qui a "libéré la parole des femmes", Fabien Roussel met également en avant une "vraie difficulté". Aujourd'hui, "nous sommes amenés à prendre des décisions d'exclusion, de démissions, de retraits de responsabilités [...] et nous ne sommes pas la justice".

Et d'insister: "On nous demande à nous, chefs de parti, d'être les procureurs et de juger. Ce n'est pas à nous de le faire [mais] à la justice".

Fabien Roussel réclame ainsi à une "justice rapide et spécialisée".

Article original publié sur BFMTV.com