À la Fête de l’Huma, Mélenchon s’agace des critiques de son camp : « Qu’on arrête les jérémiades »

« Qu’on arrête les jérémiades », Mélenchon (ici à la Fête de l’Humanité) s’agace des critiques de son camp
THOMAS SAMSON / AFP « Qu’on arrête les jérémiades », Mélenchon (ici à la Fête de l’Humanité) s’agace des critiques de son camp

THOMAS SAMSON / AFP

« Qu’on arrête les jérémiades », Mélenchon (ici à la Fête de l’Humanité) s’agace des critiques de son camp

POLITIQUE - Un retour remarqué. Absent depuis 2016, Jean-Luc Mélenchon a discouru pendant plus d’une heure ce samedi 10 septembre à la Fête de l’Humanité face à un public enthousiaste, acquis à sa cause. L’occasion, pour le chef de file de la France insoumise, interrogé par une journaliste du quotidien fondé par Jean Jaurès, de parler stratégie politique, entre populisme de gauche ou révolution citoyenne… Et de distribuer quelques coups.

Le troisième homme de la dernière présidentielle a notamment répondu à ceux qui lui reprochent, à lui, ses dernières campagnes électorales, ou à la NUPES de laisser de côté une partie des classes populaires. Un discours entendu notamment dans la bouche de Fabien Roussel, le patron des communistes qui veut défendre « la gauche du travail » plus que celle des « allocs ». Ou, dans un registre différent, dans celle du député de la Somme François Ruffin pour qui les Insoumis ont tendance à oublier la France périphérique.

« Je demande qu’on arrête les jérémiades », a ainsi résumé Jean-Luc Mélenchon, dans une diatribe visant à défendre son héritage et sa stratégie à l’heure où s’entrouvre la porte de sa succession. « Nous avons avancé, nous avons marqué des points, il faut avoir la patience de l’histoire, il faut régler les problèmes au lieu de se battre la couple sur la poitrine des autres », a-t-il par exemple intimé, tout en s’attachant, selon ses mots, à rester « zen », malgré son agacement manifeste.

« Nous sommes le peuple des humiliés et opprimés »

Dans ce contexte, le tribun de 71 ans n’a pas manqué l’occasion de rappeler qu’il a échoué de peu, à 400 000 voix près, à se qualifier au second tour de l’élection présidentielle en juin dernier. Sans oublier, non plus, de cibler les principaux responsables de cette situation, à ses yeux : Les communistes. « Il est clair que, ensemble, on passait le premier tour », a-t-il ainsi avancé, sans évoquer Fabien Roussel, l’artisan de la candidature du PCF, mais en ajoutant : « Nous avons raté le deuxième tour sans doute parce que le projet initial qui était celui des communistes et des Insoumis s’est rompu. »

Dans une nouvelle réponse, cachée, au chef des communistes ou à ceux qui font un distinguo dans les « classes populaires », Jean-Luc Mélenchon a également revendiqué avoir fait de son camp « le premier parti des chômeurs, précaires, jeunes de moins de 35 ans, des centres urbains. »

« Nous sommes le peuple des humiliés et opprimés », a-t-il encore martelé, en reconnaissant, toutefois, qu’il fallait « certes, toujours faire plus », pour convaincre, « voir les gens, un par un, en porte-à-porte. » Une façon de répliquer ou de rassurer ceux qui, comme François Ruffin, disent douter de l’ambition de la gauche de parler à « l’électorat de la France des gilets jaunes, de la France périphérique. »

L’ancien député de Marseille n’est pas revenu précisément sur les propos de Fabien Roussel et « la gauche des allocations et des minima sociaux. » Il a malgré tout insisté sur sa philosophie, comme un contrepoint à celle présentée la veille par le chef du PCF.

« Les cotisations sociales ne sont pas une faveur, c’est votre propre paie. Par conséquent, cela ne veut rien dire que le système est généreux… », a par exemple lancé Jean-Luc Mélenchon sous les applaudissements des quelques centaines de personnes présentes, « Ce sont les travailleurs et les salariés qui, par leurs cotisations et la répartition des allocations qui s’en déduit, sont forts dans le rapport avec le capital. »

Pour le chef des Insoumis, enfin, seule la « lutte des classes » compte. C’est pourquoi, la gauche peut uniquement « avancer dans la bataille contre le racisme et l’islamophobie », selon ses mots, sans se perdre dans les divisions, ou les « jérémiades ». Un retour remarqué, et des oreilles qui ont dû siffler.

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