À la Une: une euthanasie annulée en Colombie

·4 min de lecture

Martha Sepulveda, qui souffre de sclérose latérale amyotrophique, « devait être la première personne en Colombie à avoir accès à l’euthanasie sans souffrir d’une maladie qui va la tuer ou en phase terminale », raconte El Espectador. Seulement voilà, ce dimanche, au dernier moment, l’Institut colombien de la douleur de Medellin, qui devait accomplir l’acte, a refusé de le faire, affirmant qu’elle « ne répondait pas au critère de fin de vie » après avoir vu une interview qu’elle avait donnée à la télévision.

Réactions outrées de la famille et des politiques

C’est une décision « irrespectueuse, inacceptable : ils ont tous fait en cachette et n’ont pas prévenu qu’ils allaient se réunir », déplore dans El Tiempo Federico, le fils de Martha Sepulveda. Le journal indique que la famille « a déposé une demande de tutelle, pour que les juges aient connaissance de son cas et protègent son droit à mourir ». El Tiempo se fait aussi l’écho des réactions politiques dans le pays, des politiques qui « rejettent l’annulation de l’euthanasie » de Martha Sepulveda.

Le premier à avoir pris la parole, souligne El Tiempo, c’est Juan Fernando Reyes Kuri, connu pour avoir « déposé plusieurs projets de loi pour encadrer le droit à mourir dignement » : « Dans un État respectueux des choix, chacun doit pouvoir décider de manière autonome du destin de sa propre existence », a affirmé « avec force » le député. Le sénateur de gauche Ivan Cepeda se demande de son côté « quel pouvoir conservateur a fait pression pour qu’on en arrive à cette marche arrière ? ». Enfin la sénatrice Sandra Ramirez, du Parti des Communs, fondé par l’ex-guérilla des Farc, parle d’un système de santé « affaibli ».

Et justement, El Espectador signe un éditorial au vitriol, avec en titre cette question : « Pourquoi certains médecins préfèrent la cruauté ? », et s'interrogeant sur ce « paradoxe colombien » : « l’Institut colombien de la douleur de Medellin », qui a annulé l’euthanasie, « ne comprend rien à la douleur ». Le journal raconte comment cette interview donnée à la télévision a joué contre Martha Sepulveda : l’Institut n’a pas vu dans son sourire une volonté de montrer « que la mort digne était un acte d’amour, de compassion, et de triomphe sur la douleur », non, il y a vu « une preuve qu’elle allait beaucoup mieux et qu’elle n’avait pas le droit de mourir dans la dignité ». « C’est un jour triste pour la Colombie », s’indigne l’éditorialiste.

Au Guatemala, 100 migrants secourus puis expulsés

Plus de 100 migrants haïtiens ont été trouvés ce week-end dans un camion abandonné sur le bord d’une route du sud du Guatemala. Les expulsions de masse de migrants haïtiens par les États-Unis le mois dernier ne les avaient pas découragés : selon la police, citée par le Washington Post, ils voulaient aller aux États-Unis via le Mexique. Samedi soir, des résidents ont entendu « des cris provenant d’un camion » sur le bord de la route conduisant de Cocales à Nueva Concepcion, dans le sud du pays. En s’approchant, raconte le journal guatémaltèque Prensa Libre, « les policiers ont vu le conducteur s’enfuir dans les plantations de cannes à sucre », et ils « n’ont pu arrêter responsables ».

À l’intérieur du camion, « 106 migrants d’Haïti, 11 du Népal et neuf du Ghana », dont des mineurs. Leur voyage aurait commencé au Honduras, où selon Prensa Libre ils ont été expulsés le jour même. Selon le journal, entre les mois de janvier et août, 230 personnes originaires d’Haïti ont été expulsées du Guatemala, ce qui en fait la nationalité la plus expulsée du pays après les Honduriens.

L’armée américaine en ordre dispersé face à la vaccination…

Le Washington Post révèle que des centaines de milliers de militaires américains ne sont toujours pas totalement vaccinés. Une vaccination qui a globalement augmenté depuis août, quand les 2,1 millions militaires ont appris qu’elle « allait devenir obligatoire (...) et que ceux qui la refusaient seraient punis », mais « la réponse des troupes a été brouillonne ».

90% du service actif de la Marine est aujourd’hui vaccinées, contre 72% à peine du corps des Marines, et l’Armée de l’air, elle, n'a plus que trois semaines pour vacciner 60 000 personnes. Ce qui, selon les critiques, « met en danger la capacité de l’armée à être prête en cas de crise », particulièrement la Garde nationale, un quart des forces armées américaine quand même avec les réservistes. À peine 40% des troupes sont complètement vaccinées car « beaucoup l'ont jusqu’ici refusé ».

Peut-être, selon le Washington Post, parce qu’ils sont « moins liés à la hiérarchie rigide qui gouverne la vie quotidienne de ceux qui sont dans le service actif ».

… et l’université américaine en ordre dispersé face à la pandémie

Dans Politico, on apprend ce lundi que les mesures prises face au Covid varient beaucoup d’un campus à l’autre :« Certains mettent en place des règles de protection strictes et d’autres restent très laxistes », explique le site internet d’information. Ainsi, des universités en Californie, dans le Maryland ou la Virginie ont rendu la vaccination obligatoire, « en menaçant parfois de couper internet si ce n’est pas fait », tandis que d’autres États, comme le Texas, la Géorgie ou le Tennessee ont interdit ou découragé l’obligation de vaccination ou le port du masque.

Résultat, constate Politico, des milliers d’étudiants et de professeurs demandent à l’université, à l’État, aux responsables fédéraux de mettre en place des règles plus strictes. Dans tout le pays, des manifestations ont lieu sur les campus, il y aussi des pétitions, en Géorgie certains professeurs refusent d'enseigner si rien n'est fait... La présidente de l'association des professeurs d'université parle d'un « niveau de frustration jamais vu auparavant ».

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles