À Dubaï, ces exposants français qui misent sur l’Exposition universelle

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Le Pavillon France de l’Exposition universelle, qui a ouvert ses portes début octobre à Dubaï, vise à participer au rayonnement de la France à l’étranger, mais aussi à favoriser la signature de contrats. Plusieurs entreprises misent sur cet événement pour se faire connaître. Mais la France est-elle toujours aussi attractive ?

De notre envoyée spéciale,

La promesse d’Immertech : parcourir le monde, confortablement installé dans une capsule immersive. Son produit, Voyager, prend la forme d’un gros œuf blanc, dans lequel quatre personnes peuvent prendre place. Lorsque la porte se ferme, des images – et du son – sont projetés autour d’eux à 360 degrés, comme dans une petite géode. « On se retrouve, par exemple, téléporté au château de Versailles », s’enthousiasme Stéphane Brard, fondateur et directeur général de la start-up.

« Soit on positionne des caméras n’importe où sur la planète et on peut téléporter les gens là-bas. Ou bien faire du voyage dans le temps en reconstituant, avec des contenus à 360 degrés, les premiers pas de l’homme sur la Lune, le discours de Martin Luther King ou la construction de la Tour Eiffel », détaille-t-il.

Un investissement de 500 000 euros pour être à l’Expo

L’ingénieur de 27 ans insiste : son Voyager n’est pas seulement dédié au divertissement. « De grands comptes peuvent l’utiliser avec des applications métier, pour se téléporter, par exemple, dans des centrales nucléaires et faire de la maintenance sans se déplacer ». Tarif de la capsule : 200 000 euros minimum, « avec la possibilité de rajouter des options, comme pour une voiture », sourit Stéphane Brard. Le Voyager présenté à l’Exposition universelle arbore, par exemple, des finitions en cuir.

Pour être présent à Dubaï, la société a investi 500 000 euros. « On a presque deux semi-remorques de matériel. Nous avons aussi prévu du personnel pour les démonstrations. Donc, c’est un gros investissement. Mais grosse mise, gros gain ! », espère le directeur de la start-up. Sa capsule trône à un endroit stratégique : l’entrée de l’espace « business », au 4e étage du pavillon français, où transiteront l’ensemble des délégations françaises et étrangères les six prochains mois. Objectif d’Immertech : quatre ou cinq « déploiements » de son produit (vente, location, leasing) d’ici mars 2022.

Une vitrine de l’expertise française

Le président des Compagnons du Miel espère aussi que l’Exposition universelle sera un accélérateur pour le développement international de la coopérative, qui regroupe 129 apiculteurs français producteurs de miel certifié « commerce équitable ». Dans un premier temps, l’objectif est de se faire connaître aux Émirats arabes unis, un marché sur lequel les miels asiatiques et latino-américains sont déjà bien implantés. « Je ne crois pas du tout que les portes soient grandes ouvertes. Mais si on n’essaye pas, on n’y rentrera pas », lance François Peyrac. « Le miel français, par sa diversité et sa qualité, a toute sa place. L’Exposition universelle met notre travail en lumière ».

Ces entreprises sont accompagnées par Business France, l’agence nationale chargée du développement des exportations françaises et des investissements internationaux en France. « Ici, à Dubaï, on sonne les premiers coups d’une relance. Il faut que la France apparaisse en tête de peloton. On va faire en sorte que ce pavillon soit une vitrine de l’expertise française. C’est le bon outil, au bon moment », assure Christophe Lecourtier, son directeur général.

« La France n’est pas attendue sur l’Expo »

Avec ses salons privés, sa terrasse panoramique attenante à l’espace « business », le pavillon français a d’ailleurs été conçu pour organiser des événements, du B2B, bref, pour favoriser la signature de contrats. « C’est l’occasion de démontrer notre expertise à un public qui n’est pas forcément celui qui vient le plus souvent en France. On a parfois tendance à nous caricaturer comme une puissance d’hier, prise dans ses traditions et sa belle Histoire. Nous sommes très fiers de notre passé, mais nous sommes aussi convaincus que la France sera l’un des protagonistes majeurs du monde d’après », ajoute Christophe Lecourtier.

Mais comment la France peut-elle tirer son épingle du jeu face à 190 autres pays ? Selma Chamy, directrice de projet Business France, qualifie l’Exposition universelle de « tournoi international ». « Nous ne sommes pas attendus sur l’Expo. Il y aura énormément de concurrence. C’est une zone anglophone, la Francophonie est peu présente à Dubaï », reconnaît celle qui pilotera la venue d’au moins 50 délégations d’entrepreneurs français à Dubaï d’ici la fin de l’événement. « La France rayonne par sa culture, son éducation, son Histoire. Mais sur l’innovation, nous devons nous démarquer sur des axes où nous avons un avantage concurrentiel : les territoires maritimes, le sport, la santé. Nous souhaitons jouer notre carte sur ces trois secteurs en particulier ».

► Pour en savoir plus : Éco d'ici, Éco d'ailleurs, samedi 16 octobre à 10h10 TU et à 17h10 TU.

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