À la Une: Donald Trump, un procès pour l’Histoire

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Le procès d’impeachment contre l’ancien président Donald Trump continue de dominer les Unes de la presse nord-américaine. Une condamnation de Donald Trump ne paraît pas envisageable, mais finalement ce que cherchent les procureurs démocrates, c’est autre chose. D’après le New York Times, l’objectif du procès est de condamner l’ancien président devant les Américains et devant l’Histoire. « C’est très simple », écrit le journal,« les démocrates veulent faire en sorte que les Américains se souviennent pour toujours de cette journée du 6 janvier 2021. Le véritable juge auquel les procureurs s’adressent est donc le public américain et les historiens. Ils savent que le Sénat rejettera la demande d’impeachment et qu’il n’y aura donc aucune possibilité d’empêcher le président de briguer un autre mandant dans 4 ans ».

Les démocrates, en présentant des vidéos chocs de l’assaut sur le Capitole, des vidéos qui ont même ému certains républicains modérés, s’adressent directement aux électeurs afin de les convaincre de ne pas voter pour Donald Trump au cas où il se représenterait en 2024. Une stratégie qui pourrait se révéler payante selon une sénatrice républicaine modérée. « Je vois mal comment Donald Trump peut revenir dans quatre ans », explique-t-elle au New York Times.

Équateur, le triomphe du « populisme »

Alors que Guillerme Lasso et Yaku Perez se disputent toujours la deuxième place du premier tour présidentiel et donc le ticket pour le second tour face à Andres Arauz, dauphin de l’ex-président Rafael Correa, la presse s’interroge sur les motivations des électeurs. Pour le journal El Universo, c’est le vote populiste qui a triomphé lors du premier tour dimanche dernier.

Un tiers des électeurs a voté en faveur d’un candidat qui s’inscrit dans la ligne droite du « populisme de gauche » de l’ancien président Raffael Correa. Mais d’autres candidats, y compris Yaku Perez, défendent également un agenda plus au moins populiste, d’après El Universo.

L’erreur de Guillermo Lasso

« Pourquoi les Équatoriens, de manière suicidaire, se tournent-ils vers ces dirigeants au penchant autoritaire ? », s’interroge le journal. Et poursuit : « La nouvelle stratégie du mouvement post-Correa consiste à présenter un candidat presque inconnu comme un sauveur de la patrie, censé résoudre nos vieux problèmes politiques ». Les électeurs sont finalement partagés entre le retour du « correismo » et un candidat qui promet d’exercer son mandat en respectant l’état de droit, conclut El Universo.

Ce candidat de « l’état de droit », c’est Guillermo Lasso. Selon le journal Expreso, il a commis une erreur stratégique. Son slogan « c’est moi ou le Venezuela » a été trop clivant et n’a pas pris en compte les avis des jeunes et de la société civile. Expreso ne voit pas comment Lasso et Perez, qui doivent se rencontrer aujourd’hui pourraient trouver un terrain d’entente en vue du second tour.

Hommages à Chick Corea

L’extraordinaire pianiste de jazz américain Chick Corea qui s’est éteint mardi dernier à 79 ans. Il souffrait d’une forme rare de cancer. La presse du continent lui rend hommage. Pour le journal argentin Clarin c’était l’un des pianistes « les plus virtuoses et influents du jazz ». Le quotidien brésilien Folha de Sao Paulo reconnaît un pionnier du « clavier électronique ». Le Devoir, journal québécois, retient de Chick Correa « un sourire large comme ça qui traduisait ce plaisir immense qu’il avait à faire de la musique — et ce fut ainsi jusqu’à la fin. L’héritage qu’il laisse derrière lui est monumental », estime le journal. Son coup de génie, c’était « d’avoir inventé son propre langage ».

Chick Corea était aussi connu pour sa passion de jouer avec d’autres musiciens, de Stan Getz à Miles Davis en passant par Herbie Mann, écrit le site Daily Beast. Nombreux sont d’ailleurs ses collègues musiciens qui lui rendent hommage. Le magazine Rolling Stone cite parmi de nombreux témoignages celui du guitariste et chanteur John Mayer qui qualifie Chick Corea de plus grand improvisateur qu’il a rencontré. « Si tu as joué une fausse note, il l’a reprise immédiatement et a inventé un motif autour d’elle », explique John Mayor, « c’était comme pour dire que finalement tout a une valeur ». Et Chick Corea, qu’est-ce qu’il pense de son influence ? Tout en modestie, il a déclaré l’année dernière dans une interview au magazine Jazz Times que pour lui la magie de la musique, en général, c’est de stimuler ce qui de bon dans la personne qui l’écoute.