À Davos, on ne pose pas les bonnes questions

Photo Arnd Wiegmann/Reuters

Un Davos sans la neige et le froid est-il encore un Davos ? Nous devrions bientôt le savoir. Pour les décideurs habitués à se retrouver en janvier pour “améliorer l’état du monde”, la décision du Forum économique mondial de tenir son grand raout au printemps nous permettra de déterminer dans quelle mesure exactement la fraîcheur des températures est un facteur de débat et de discussions stimulantes.

J’ai toujours pensé que le fait de crapahuter ensemble à la montagne en hiver créait généralement une atmosphère de camaraderie. Nous sommes tous égaux face au froid : les riches et les puissants glissent et se cassent la jambe aussi facilement que le commun des mortels (parfois même en descendant de leurs limousines écolo-compatibles).

Gravité et sérieux

Cela fait deux ans que le sommet de Davos n’a pas eu lieu, même si ses organisateurs ont bien comiquement tenté d’en préparer une édition – d’abord à Singapour, puis à Davos – avant de tout annuler au dernier moment face à la réalité criante que cela était parfaitement impossible.

Cette année, le sommet – non enneigé – de Davos se déroulera dans une atmosphère de gravité et de sérieux telle que je crois n’en avoir jamais vu en vingt ans de participation.

La guerre fait rage en Europe. L’inflation atteint des records inégalés depuis quarante ans, alors que les banques centrales font tout pour garder le contrôle de la situation. La structure globale de la mondialisation – raison d’être de Davos – est en train de chanceler.

Le chœur des dirigeants politiques et responsables d’entreprise nous répète à l’unisson qu’il s’agit de la période la plus difficile qu’ils aient jamais connue. Tout le monde sait que l’ordre géopolitique mondial est irrémédiablement bouleversé. Les convictions issues de la Seconde Guerre mondiale et qui avaient été confirmées par la fin de la guerre froide, ont été balayées. Vous ne me croyez pas ? Alors pourquoi la Suède et la Finlande, deux nations dotées d’une longue tradition de non-appartenance à des alliances militaires, sont-elles aujourd’hui sur le point de devenir membres de l’Otan (si Erdogan donne son accord) ?

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