À Damas, on peut célébrer son mariage sur un site historique

PHOTO LOUAI BESHARA/AFP

Au début de l’année 2022, le khan Assad Pacha, plus grand caravansérail de Damas, a connu un problème inhabituel. Lors d’une fête, un radiateur électrique défectueux a provoqué un début d’incendie dans l’une des salles. Si le feu a été rapidement maîtrisé, l’incident a été sciemment dissimulé par la Direction générale des antiquités et des musées, et l’État “a continué d’accorder des permis pour organiser des fêtes dans le khan et sur d’autres sites archéologiques”, raconte Raseef22.

“La transformation de sites historiques en salle des fêtes pour des événements mondains organisés par des familles aisées n’est pas nouvelle. Le phénomène, qui existe depuis 2010, est devenu problématique en raison de la violation des règles encadrant l’organisation de ces fêtes et la flambée des tarifs.”

Comme l’explique le site panarabe, ceux qui souhaitent louer ces lieux historiques, comme le khan Assad Pacha ou le palais Azem, situé à proximité, “n’ont qu’à présenter une demande à la Direction générale des antiquités et des musées, à payer les frais spécifiés au ministère des Finances et puis à signer un papier les engageant à préserver l’intégrité du lieu”.

“Une menace pour le patrimoine”

Pour les uns, c’est une façon de redonner une deuxième vie à ces lieux. Pour Tala, une Syrienne de 33 ans, ces fêtes sont l’occasion de “montrer un autre visage de Damas, plus positif, après les longues années de guerre qui ont ravagé le pays depuis 2011, explique-t-elle à Raseef22.

Joëlle Chami, organisatrice de fêtes de mariage, souligne que c’est la Direction générale des antiquités qui “encourage” la tenue sur les sites archéologiques de tels événements, “dont les images sont partagées sur les réseaux sociaux, que tout le monde regarde”.

Une source au sein de la Direction générale des antiquités, citée par le journal, explique sous le couvert de l’anonymat que l’organisation de fêtes contribue à mettre en valeur ces lieux historiques, mais aussi à renflouer les caisses de l’État.

D’autres, notamment des archéologues et des chercheurs, y voient “un risque et une menace pour le patrimoine”. “Mais le pire, c’est que cette tradition perpétue la [lutte des] classes […] et l’idée que ces vestiges sont une propriété de l’État et non de la société”, déplore Raseef 22.

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