À Cuba, le président Miguel Diaz-Canel succède à Raul Castro à la tête du Parti communiste

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Le Parti communiste au pouvoir à Cuba a élu, lundi, le président Miguel Diaz-Canel au
poste de premier secrétaire, en remplacement de Raul Castro, qui prend sa retraite à 89 ans.

Le président cubain Miguel Diaz-Canel a été élu, lundi 19 avril, premier secrétaire du Parti communiste, succédant ainsi à Raul Castro, qui prend sa retraite à 89 ans, a annoncé le parti, seul autorisé sur l'île.

"Miguel Diaz-Canel Bermudez a été élu premier secrétaire du Comité central du Parti communiste de Cuba lors du 8e congrès du PCC", a annoncé le parti sur Twitter, au terme de cette élection par les délégués de la formation politique.

Une nouvelle génération mais pas une nouvelle ligne

Cette succession au poste le plus important du régime cubain marque définitivement la fin des six décennies au pouvoir des frères Fidel puis Raul Castro, qui ont conduit la révolution de 1959 à Cuba. Raul Castro avait annoncé dès l'ouverture du congrès du Parti communiste cubain vendredi qu'il céderait la place à une plus jeune génération de dirigeants. Il a déjà laissé la présidence du pays à Miguel Diaz-Canel en 2018.

Miguel Diaz-Canel, président et désormais premier secrétaire du Parti communiste, incarne la nouvelle génération au pouvoir, plus connectée mais pas forcément plus souple. Celui qui fêtera ses 61 ans mardi figurait déjà sur la photo de famille au cimetière de Santiago lors des obsèques de Fidel Castro en décembre 2016. "Le camarade Diaz-Canel n'est pas une recrue ou un bleu", soulignait également Raul Castro, alors qu’il le nommait au poste de numéro deux du régime, en 2013.

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Cet universitaire diplômé en ingénierie électronique et ancien ministre de l'Enseignement supérieur (2009-2012), dépourvu de légitimité historique, affiche de solides références au sein du Parti communiste cubain, qu’il a intégré en 1997. Il en a grimpé tous les échelons, dirigeant la section provinciale de Villa Clara, puis de Holguin pendant plusieurs années, avant de devenir, en 2012, le vice-président du Conseil des ministres de Cuba, puis président en 2018.

Une présence constante sur le terrain

Désormais, il devient aussi premier secrétaire du parti, avec comme lourde tâche d'affirmer sa propre légitimité au moment où Cuba affronte sa pire crise économique en 30 ans, sous l'effet de la pandémie et des sanctions américaines. Il a déjà affiché un changement de ton depuis son ascension au pouvoir. Fin décembre, il qualifiait sur Twitter les médias indépendants cubains de "mercenaires et menteurs".

Le président a axé sa manière de gouverner autour d'un principe : une présence constante sur le terrain, qu'elle soit physique, avec de nombreux déplacements en province, ou virtuelle, en ouvrant un compte Twitter, où il est très actif.

Il soigne aussi son image, n'ayant accordé qu'une seule interview à un média étranger, la chaîne vénézuélienne Telesur, ou montrant un visage plus humain aux côtés de son épouse Lis Cuesta, qui occupe une fonction de "première dame" inédite depuis la révolution. Père de deux enfants d'un premier mariage, il est décrit comme simple et abordable par ses partisans, qui assurent qu'il "sait écouter".

Il y a quelques semaines, le président a soutenu sa thèse de doctorat sur le thème "Gestion de gouvernement fondée sur la science et l'innovation", suscitant l'incrédulité de certains internautes face à une telle prouesse. Revers de la médaille, Internet sert de caisse de résonance aux demandes citoyennes : protégés par l'anonymat des réseaux sociaux, des Cubains se sont mis à interpeller, voire insulter, le président et ses ministres.

Des collectifs d'artistes ou de défenseurs des animaux se sont consolidés par ce biais, afin de défendre leurs revendications et réclamer plus de libertés... avant de manifester devant plusieurs ministères – du jamais-vu à Cuba.

"Nos ministères ne sont pas des tribunes médiatiques", leur a sèchement rétorqué Miguel Diaz-Canel sur Twitter, un message accompagné du slogan "Vive la révolution".

Avec AFP et Reuters