À la Une: la Cour suprême laisse le Texas appliquer sa loi anti-avortement

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« C’est un jour terrible pour le Texas », s’indigne une militante des droits des femmes interrogée par le Texas Tribune. Depuis mercredi matin, le Senate Bill 8 (SB8) est entré en application. Les neuf juges de la Cour suprême ne se sont pas prononcés sur la constitutionnalité de ce texte controversé, voté dans cet État du sud des États-Unis. Mais en attendant de l’examiner, ils refusent de suspendre son application, comme le demandaient les défenseurs du droit à l’avortement.

La plus haute juridiction américaine invoque des « questions de procédures complexes et nouvelles ». La Cour était très divisée sur la question, insiste Politico. Cinq juges ont voté contre la suspension, c’est-à-dire l’ensemble des juges conservateurs – dont trois nommés par Donald Trump durant son mandat. Tous sauf un, le chef de la Cour suprême, qui a rejoint les trois juges progressistes sans pour autant faire pencher la balance.

La mort de Roe v. Wade

Résultat : les Texanes n’ont plus le droit d’avorter, même en cas de viol ou d’inceste, à partir du premier battement de cœur de l’embryon, détecté en général autour de six semaines de grossesse. « Si tôt que beaucoup de personnes ne savent pas encore qu’elles sont enceintes », regrette le New York Times. Six semaines, c’est même parfois « trop tôt pour que certains médecins ne proposent un avortement », commente l’éditorialiste. Cette dernière se demande si cela signifie la mort de Roe v. Wade, ce fameux arrêt de la Cour suprême qui a garanti, il y a près de 50 ans, le droit à l’avortement des Américaines.

Le Texas Tribune décrit, après l’entrée en vigueur du texte mercredi, des salles d’attente presque vides dans les quelques cliniques qui pratiquaient encore l’IVG. « Seules 12 patientes se sont présentées » à la Whole Women’s Health, « et les médecins de la clinique ont dû refuser au moins trois d’entre elles parce qu’une activité cardiaque avait été détectée ». L’éditorialiste du New York Times rappelle qu’une vague de lois similaires déferle sur le pays depuis 2019, mais qu’aucune n’avait jusqu’ici été appliquée.

Prime de 10 000 dollars à la délation

La journaliste qualifie cette loi de « diabolique ». Sa caractéristique la plus notable ? Ce n’est pas le gouvernement qui est chargé de l’appliquer, mais les particuliers. Ces deniers, rappelle Politico, sont encouragés à dénoncer et engager des poursuites contre ceux qui aideraient une femme à avorter. Des primes de 10 000 dollars sont même prévues pour les délateurs. Cet aspect du texte rend la loi compliquée à attaquer devant un tribunal fédéral, selon les juristes. Contrairement aux lois similaires votées dans 12 autres États conservateurs, le texte n’a pas pu pour l’instant être retoqué.

Pour le Austin American-Statesman, le Texas « utilise le harcèlement pour contourner l’État de droit ». « Incapables d’interdire purement et simplement l’avortement, les élus ont préféré en bloquer l’accès en encourageant les gens à se poursuivre en justice entre eux », regrette l’éditorialiste. Cette disposition est aussi très dissuasive. Dans les cliniques par exemple, « il a été conseillé aux personnels de ne pas envoyer de patientes hors de l’État, de peur que cela soit considéré comme une aide à l’avortement », explique le Texas Tribune. Voyager hors de l’État : une option qui est de toute façon « au-dessus des moyens » de nombreuses patientes, explique le journal.

New York paralysée par des pluies torrentielles

L’actualité aux États-Unis, c’est aussi l’ouragan Ida qui poursuit sa course. Il déverse des trombes d’eau sur la côte est. New York se retrouve en partie paralysée et déplore au moins quatorze morts. Sur son site internet, le New York Times raconte que « les bus de la ville se sont transformés en véhicules amphibies » et que l’eau s’est engouffrée sur les quais du métro « comme s’il s’agissait d’une cascade, inondant les voies en contrebas ». « Presque toutes les lignes de métro de la ville ont été fermées et le maire Bill de Blasio a déclaré l’état d’urgence ».

« Dans certaines parties de Brooklyn, les voitures se déplacent dans des lacs d’eau marron boueuse, leurs phares éclairant les vagues qui se forment devant leurs roues et clapotent aux pieds des maisons », ajoute le quotidien. Les matches de l’US Open ont été interrompus en raison d’infiltrations d’eau dans un stade du Queens, pourtant couvert. Ces inondations ont effrayé la côte est, mais pas tout le monde visiblement. Le New York Times évoque cette autre vidéo dans laquelle un homme fume tranquillement le narguilé, allongé sur un matelas gonflable, dans une rue inondée.

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