À la Une: confusion sur les événements de ce dimanche en Haïti

·4 min de lecture

Ce dimanche 7 février 2021 marquait, pour un grand nombre de Haïtiens, la fin du mandat du président Jovenel Moise. Et alors que la tension était palpable dans les rues de la capitale, comme le détaille l’Agence France Presse, les autorités ont annoncé avoir déjoué un projet de coup d'État visant Jovenel Moïse, qui dit avoir échappé à une tentative d'assassinat. 23 personnes, de présumés comploteurs, ont été arrêtées par la police, parmi lesquels un juge de la Cour de cassation et une inspectrice générale de la police nationale. Selon le Premier ministre, ce juge aurait prévu de prononcer un discours pour devenir président provisoire.

Le site de l’agence en ligne Alter Presse revient sur ces arrestations « humiliantes » (suite à la diffusion des images). Des arrestations « qui suscitent l’indignation chez de nombreux secteurs » a pu constater l’agence. Des opérations menées « dans un contexte d’usurpation de titre et de tentative de mise en place d’une dictature féroce contre les manifestations d’expressions publiques », soulignent plusieurs voix citées par Alter Presse. Des faits condamnés par le Secteur démocratique et populaire qui juge « anticonstitutionnelles, illégales et arbitraires » ces 23 arrestations.

Et la situation ne risque pas de s’améliorer si l’on en croit le Miami Herald. Car selon le quotidien, la Cour suprême du pays a jusqu'à présent toujours refusé d'entrer dans le débat, « et il n'y a pas de système judiciaire constitutionnel en Haïti qui pourrait intervenir pour régler la crise ». Toutes les tentatives récentes pour mettre en place un dialogue ont échoué, ce qui n’augure rien de bon pour la suite, estime le quotidien.

Ces arrestations ne marquent pas la fin de la contestation. La nuit dernière, les partis d’opposition ont annoncé la nomination du juge Joseph Mécène Jean-Louis pour diriger cette transition, selon le site d’information Gazette Haïti qui a pu obtenir la confirmation de l’’information en discutant avec le sénateur Youri Latortue. Pour l’instant, il n’y a pas plus de détails concernant ce choix. Selon l’Agence France Presse, Joseph Mécène Jean-Louis aurait déclaré « accepter le choix de l'opposition et de la société civile pour pouvoir servir son pays comme président provisoire de la transition ». C’est donc un lundi sous haute tension qui s’annonce en Haïti.

Aux États-Unis, certains élus s’inquiètent de l’évolution de la situation détaille le Miami Herald. C’est le cas de Patrick Leahy, sénateur démocrate de l’État du Vermont, qui plaide pour que les États-Unis cessent ses relations avec Jovenel Moise et appuient désormais un gouvernement de transition. Ces membres du Congrès soutiennent que le mandat présidentiel de Jovenel Moïse s’est achevé dimanche 7 février si l’on s’en tient à la constitution haïtienne. « Nous croyons profondément à la démocratie et à l’état de droit, nous estimons qu'il est essentiel que les États-Unis rejettent sans ambiguïté toute tentative du président Moïse de conserver le pouvoir en violation de ces principe » déclarent notamment ces élus dans une lettre adressée au secrétaire d’État Anthony Blinken.

Des élections plébiscitées malgré la pandémie en Equateur

Au lendemain du premier tour de l’élection présidentielle et des élections législatives qui se tenaient en Equateur, c’est le jeune Andrés Arauz (trente-six ans), candidat de la coalition de gauche Union pour l'espérance, qui est le plus à même de s’imposer lors du second tour prévu le 11 avril. Un premier tour marqué par une forte participation, malgré la pandémie, souligne le quotidien Expresso qui précise qui si les mesures de distanciation sociale ont bien été respecté au moment du vote, les queues visibles devant les bureaux de vote ne permettaient de respecter ces fameuses mesures. Des queues de plusieurs centaines de mètres comme en témoigne les photos diffusées par Expresso. Une journée électorale pacifique dans un pays ultra polarisé, ce qui donne de l’espoir à l‘éditorialiste de La Hora qui rejoint ainsi l’opinion d’El Mercurio qui souligne également le civisme des électeurs équatoriens.

Qui affrontera Andres Arauz, le dauphin désigné de l’ancien président Rafael Correa ? Lundi matin, comme le détaille El Comercio, deux candidats peuvent encore prétendre au second tour. D’un côté l’avocat et candidat de gauche Yaku Perez, 51 ans, du parti Pachakutik, qui est d’ores et déjà le premier indigène à parvenir aussi loin lors d’une présidentielle. Et de l’autre Guillermo Lasso, l’ancien banquier, à la tête du mouvement conservateur « Créer des opportunités » et qui tente sa chance pour la troisième fois.