La Chambre des représentants ne parvient pas à élire son speaker, du jamais-vu depuis un siècle

photo JONATHAN ERNST/REUTERS

Il avait déjà connu un échec en 2015 et vient d’essuyer “une défaite humiliante”, selon le journal britannique The Guardian. Kevin McCarthy, représentant républicain de Californie, espérait être élu ce 3 janvier à la tête de la Chambre des représentants de Washington. Il devra a minima patienter, puisque bien trop d’élus de son parti ont voté contre lui.

Lors des trois tours du scrutin, entre 19 et 20 républicains, essentiellement de la droite dure, ont en effet apporté leur voix à un autre candidat, Jim Jordan. McCarthy a même obtenu moins de voix que le candidat démocrate Hakim Jeffries, alors que les démocrates sont en minorité.

Aux yeux du Guardian, “c’est un désastre pour les républicains, le premier jour où ils sont censés prendre la main sur la Chambre des représentants”, à la suite des élections de mi-mandat, en novembre.

C’est en effet la première fois depuis 1923 qu’il faut plusieurs tours de scrutin pour élire le président de la Chambre des représentants, rappelle The New York Times dans son live. Cela en dit long sur les divisions du Parti républicain, qui dispose d’une majorité étroite avec 222 élus, contre 212 démocrates. “Ce qui était supposé être un jour de liesse pour les républicains a dégénéré en une manifestation chaotique de désunion au sein du parti”, écrit le journal.

Après ce vote, “il pourrait s’ensuivre un chaos qu’on n’avait plus connu à la Chambre depuis un siècle”, note cruellement le quotidien.

Pas d’autre option viable

Les élus doivent revoter jusqu’à ce qu’un des candidats obtienne assez de soutien. Or, comme le soulignait un journaliste du Washington Post, “on ne sait pas bien qui peut obtenir les voix nécessaires, ou les obtiendra, si ce n’est pas McCarthy. Les réfractaires ne se sont pas rangés derrière une alternative viable.”

Kevin McCarthy a échoué “malgré une série de concessions majeures dans le but de gagner les faveurs des députés d’extrême droite”, soulignait avant le vote The New York Times. Il avait durci sa ligne avant le scrutin et accepté une nouvelle règle permettant à cinq représentants de convoquer à tout moment un vote pour démettre de sa fonction le président de la Chambre. Cela n’a pas suffi à l’aile droite du Parti républicain, qui voulait attribuer ce pouvoir de blocage à un seul élu.

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