À cause du réchauffement climatique, des variétés de sapins disparaissent en France

AFP
A worker of Christmas trees production, cuts firs, in La Petite-Pierre, northeastern France, on November 22, 2019. - The production of Christmas trees is affected by global warming, the breeders have to adapt and try new species. France has about 200 producers of natural Christmas trees on some 5,000 hectares. (Photo by PATRICK HERTZOG / AFP) (Photo by PATRICK HERTZOG/AFP via Getty Images)

NOËL - Les Noëls blancs relèvent désormais principalement de l’image du passé, mais le sapin reste bien ancré au milieu des salons, ce qui oblige leurs cultivateurs à s’acclimater à des températures de plus en plus élevées.

D’un coup sec de débroussailleuse, Jean-Louis Marcinkowski, 65 ans, fait tomber les arbres les uns après les autres. Sa femme, Anne-Marie, les met en tas et leurs deux employés taillent leur pied et les mettent dans un filet.

Noël approche et l’équipe de la petite entreprise familiale “Le Roi Vert”, dans le parc naturel des Vosges du Nord, arpente sept jours sur sept ses quelques hectares d’anciennes terres agricoles.

Un sapin, c’est dix ans de travail”, raconte ce passionné qui avec ses bottes et sa combinaison imperméable jaune ressemble à un marin naviguant dans une mer d’aiguilles vertes.

Sur une parcelle non loin, des mini-sapins d’une vingtaine de centimètres de haut sont roussis de la cime au pied. 20% des pousses plantées au printemps ont été brûlées par les épisodes de canicule. En 30 ans de culture du sapin, d’abord en marge de son métier de mécanicien dans l’industrie puis à temps plein depuis sa retraite, Jean-Louis Marcinkowski assure constater l’effet du réchauffement climatique.

“On s’adapte en essayant de nouvelles variétés”, explique-t-il. 

De nouvelles variétés venues d’Amérique

Au printemps, il ne replantera plus du Nobilis que “les grandes chaleurs brûlent en été”. Pour se démarquer et ne pas cultiver que du Nordmann, l’actuel roi du sapin, il s’est tourné vers une nouvelle variété, le Lasiocarpa, qui vient du Nouveau-Mexique et du Colorado, des zones habituées à la chaleur. “On l’a essayé avec 500 sapins, ça a l’air d’aller. Donc, on va se lancer”, raconte-t-il, montrant ces arbres aux aiguilles bleu gris denses.

Après plusieurs étés caniculaires d’affilée, “il y a certains endroits en France où on pourra se poser la question de la pérennité de la culture de sapins de Noël”, reconnaît Frédéric Naudet, le président de...

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