Caricatures : Batley ne veut pas « suivre le chemin de la France »

Par Laure Van Ruymbeke (à Batley)
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L'imam de la mosquée de Bradford devant l'école de Batley, vendredi.
L'imam de la mosquée de Bradford devant l'école de Batley, vendredi.

Située à mi-pente d'une colline, la Batley Grammar School est fermée ce vendredi. Une pluie intense a fait fuir quelques personnes venues, malgré le confinement, manifester le matin même devant cette école d'une petite ville au nord de l'Angleterre, proche de Leeds. Deux véhicules de police sont garés. Quelques journalistes locaux attendent. Le soleil revient. Un petit groupe d'hommes, dont certains en djellaba, s'approche. Au centre, l'imam Adel, d'origine pakistanaise, venu de Bradford, une ville située à 15 kilomètres, est entouré de fidèles. « Nous sommes venus après la prière du vendredi pour montrer notre solidarité avec les parents et l'école, dans l'espoir qu'elle fasse la bonne chose, renvoyer le professeur qui a partagé une caricature offensante et irrespectueuse, représentant notre prophète bien-aimé en kamikaze au nom de la liberté d'expression », déclame-t-il.

Depuis lundi, l'école publique de Batley, qui accueille des élèves de 4 à 16 ans, aux trois quarts issus des minorités, est dans la tourmente. Un professeur d'éducation religieuse, qui aurait, selon les médias britanniques, 29 ans (mais dont le nom n'est pas révélé), a montré une caricature (selon certains, de Charlie Hebdo) à des élèves lors d'un cours sur le blasphème. Les versions diffèrent sur ce qui s'est réellement passé et sur la caricature en question. L'école recevra alors des plaintes de parents d'élèves, et, jeudi matin, une soixantaine de personnes ont manifesté devant l'école [...] Lire la suite