À Bagdad, les forces de sécurité délogent de force les manifestants

En Irak, les forces de sécurité se sont attaquées aux manifestants qui occupent le centre-ville de Bagdad depuis près de quatre mois et contestent le pouvoir en place. Ce samedi 25 janvier, une grande partie des lieux de rassemblements ont été repris par la police anti-émeute.

La contestation anti-pouvoir se réduit comme peau de chagrin à Bagdad. Les forces de sécurité ont délogé ce samedi 25 janvier une grande partie des manifestants installés aux abords de la place Tahrir. Selon une source médicale citée par l'Agence France-Presse, un manifestant a été tué par un tir et plus de 40 autres blessés. Deux autres protestataires sont morts et une vingtaine ont été blessés à Nassiriya, dans le sud du pays.

A Bagdad, des témoins disent avoir vu les forces anti-émeute tirer à balles réelles pour faire fuir les manifestants, avant de mettre à feu à des plusieurs tentes installées sur place depuis des semaines.

Le commandement militaire de la capitale irakienne a annoncé avoir repris le contrôle du pont al-Ahrar, qui enjambe le Tigre et relie l'est de la ville aux quartiers de l'ouest, où se trouve la Zone verte ultrasécurisée, abritant les sièges des institutions et l'ambassade américaine. Il a également dispersé les protestataires sur la place Tayaran, dans le centre de la ville. Seuls la place Tahrir, l'épicentre de la contestation, et une partie du pont de la République, qui mène directement à la Zone verte, sont aujourd'hui toujours occupés par les manifestants.

Cette intervention des forces de sécurité intervient alors que l'influent leader chiite Moqtada Sadr a annoncé vendredi retirer son soutien à la contestation. Quelques heures après avoir organisé un large rassemblement, réunissant des centaines de milliers d'Irakiens contre la présence américaine, le clerc chiite a jugé qu'il était trop critiqué dans les rangs des manifestants anti-pouvoir et qu'il ne protégerait plus par conséquent le mouvement.

La plupart de ses partisans, nombreux sur la place Tahrir, ont alors immédiatement quitté l'endroit et les autres lieux de la contestation. Une contestation aujourd'hui en sursis.