À Argenton-sur-Creuse, ils défendent la gare SNCF en « stoppant » les trains

TRANSPORTS - Ces habitués du train ont décidé de prendre les grands moyens pour se faire entendre. Samedi 5 novembre, environ 400 personnes ont « stoppé » en gare d’Argenton-sur-Creuse (Indre) le train Intercités 3619 reliant Paris à Toulouse, pour réclamer une meilleure offre du service public ferroviaire dans leurs communes rurales.

L’action est radicale, mais encadrée. Le Comité de défense de la gare d’Argenton-sur-Creuse avait prévenu les autorités ferroviaires et la gendarmerie en amont. Le train s’est donc arrêté de lui-même vers 11h, même si ce n’était pas prévu sur son trajet. Le groupe de manifestants est ensuite descendu sur les rails durant une quinzaine de minutes, le temps de l’action, avant que le train reparte vers le Sud.

Comme vous pouvez le voir dans notre reportage vidéo en tête d’article, les habitants de la région réclament des liaisons directes supplémentaires et des horaires mieux adaptés, avec notamment la possibilité de se rendre plus tôt à Paris le matin pour les déplacements professionnels ou encore une arrivée plus tôt le samedi pour démarrer le week-end à Argenton.

Une nouvelle desserte menacée

Au micro du HuffPost, plusieurs usagers témoignent de l’importance de leur gare dans leur quotidien. « Depuis des années, nous assistons à une constante dégradation du service ferroviaire », déplore Martine Irzenski, présidente du comité. Cette dernière précise que la gare bénéficie à un bassin de vie de 70 000 personnes.

Ce n’est pas la première fois que ce type d’action est organisée à Argenton. Créé en 2018, le Comité de défense de la gare organisé ses premiers « Stop trains » après avoir vu la SNCF supprimer une desserte. À l’époque, la mobilisation avait porté ses fruits et l’entreprise publique avait fait marche arrière. Mais aujourd’hui, face à une offre qui ne répond toujours pas aux besoins des usagers de la région et la menace de suppression d’une nouvelle desserte en 2023, ils ont décidé de relancer leurs actions. Plusieurs autres sont prévues d’ici la fin de l’année.

Sollicitée par Le HuffPost, la SNCF n’a pas réagi à cette action et ces revendications. En avril dernier, dans un article du Monde sur la gare d’Argenton-sur-Creuse et l’avenir des petites lignes ferroviaires, le ministère des Transports affirmait qu’il « convient d’adopter une approche sélective sur le renforcement de l’offre, car [ces trains] sont des liaisons déficitaires qui nécessitent une contribution financière de l’État. »

À voir également sur Le HuffPost :

Lire aussi