À Amsterdam, le changement climatique risque d’aggraver la crise du logement

Photo Pixabay/cc

Pour Amsterdam, une ville bâtie deux mètres au-dessous du niveau de la mer, le changement climatique représente un défi particulièrement aigu. Tout un réseau de digues, de barrages, d’écluses et de stations de pompage a permis jusqu’à présent à la ville de se développer. “Mais même le système de contrôle des inondations le mieux conçu a ses limites”, souligne Bloomberg. Or à Amsterdam comme ailleurs, la mer monte plus vite que prévu… De quoi susciter quelques inquiétudes pour l’avenir de la capitale des Pays-Bas alors que celle-ci fait face à un boom démographique et que les logements manquent déjà cruellement.

Selon Maarten Ouboter, hydrologue à la compagnie régionale des eaux Waternet, toute la région d’Amsterdam est de plus en plus menacée par les inondations et les systèmes de protection actuels, que les ingénieurs tentent constamment d’améliorer, pourraient ne plus être en état de faire face au-delà de 2050.

Entre-temps, des pluies de plus en plus abondantes vont mettre à l’épreuve le système d’égouts de la ville, construit entre 1872 et 1987 pour collecter à la fois les eaux usées et les eaux pluviales, avertit Maarten Ouboter. “Toute l’eau qui arrive dans le réseau doit être pompée immédiatement. Nous n’avons pas de système de stockage. Reconstruire l’ensemble du système d’égout coûterait des milliards. La ville doit impérativement trouver une solution.”

“La fête est finie ! ”

En attendant, c’est l’aménagement des nouveaux quartiers, tels celui des Eastern Docklands, une ancienne zone portuaire située entre l’ IJ et le Nieuwe Vaart, qui est sans doute à revoir. Impossible, en effet, de continuer à construire des logements sur des îles artificielles qui auraient pour effet d’accentuer la montée des eaux. “D’une certaine façon, la fête est finie à Amsterdam”, admet l’urbaniste Zef Hemel.

“Nous allons devoir surveiller de très près le niveau de l’eau pour construire des bâtiments qui auront une chance d’être encore debout dans cent ou deux cents ans, complète Maarten Ouboter. Des choix vont devoir être faits en tenant compte du long terme. En termes de financement, c’est très difficile car les investissements sont calculés sur des périodes nettement plus courtes.”

[...] Lire la suite sur Courrier international

Sur le même sujet :