"Tout ce à quoi nous étions habitués n'existe plus": à Kharkiv, un immeuble détruit et des vies brisées

Un immeuble de Kharkiv en ruines après un bombardement de l'aviation russe - Alkis Konstantinids / REUTERS
Un immeuble de Kharkiv en ruines après un bombardement de l'aviation russe - Alkis Konstantinids / REUTERS

La vie des habitants de Kharkiv, dans l'est de l'Ukraine, a basculé fin février lorsque l'armée russe a lancé son offensive. Deuxième plus grande ville du pays, Kharkiv a été l'une des premières cibles à avoir été bombardée par les Russes, et de nombreux immeubles sont aujourd'hui détruits ou éventrés.

C'est le cas à 2, rue des Cosmonautes, dans le centre de la ville. Dans ce quartier résidentiel, tranquille, où des familles de la classe moyenne ukrainienne habitent, un obus éclate le 6 mars, en fin d'après-midi, à quelques mètres des fenêtres. Au rez-de-chaussée de cet immeuble partiellement détruit, habitait la doyenne de l'immeuble. À 70 ans, elle n'a pas survécu à cette explosion.

Plusieurs habitants avaient anticipé l'avancée des forces de Moscou et ont quitté la ville. La veille du bombardement, Olga, ses filles et son mari, qui habitaient au quatrième étage de cet immeuble, fuient. Ce n'est que le lendemain qu'un voisin les prévient du drame par téléphone.

"On est revenus dans l'immeuble avec mon mari. (...) Il y avait des jouets des enfants, des dessins: tout a été arraché", raconte Olga au micro de BFMTV.

"C'est une partie de mon âme"

En face de son appartement habitaient les Kalinovska. Eux non plus n’étaient pas là lors de l’explosion. Quand ils sont revenus quelques jours plus tard avec leurs deux jeunes enfants de 2 et 6 ans, les secours leur ont interdit d’aller chercher leurs affaires: l’immeuble peut s’écrouler à tout moment.

Arina, la maman, habitait dans cet appartement depuis 1997. Elle a fini par y fonder sa famille et y a tout connu. "Cet appartement, c'est une partie de mon âme", explique-t-elle.

"Pour moi, c'est une immense perte. Tout ce à quoi nous étions habitués n'existe plus. Nous en sommes conscients et c'est très dur", déplore Arina au micro de BFMTV.

"Ma fille est encore trop petite pour comprendre la situation. Mon fils m'a demandé où nous allions vivre, et si nous reviendrons un jour dans notre maison. Il ne comprenait pas comment il allait faire pour retrouver ses jouets qu'il aimait tant. Je lui ai expliqué qu'on vivrait là où on pourrait, qu'il ne reverra plus jamais la maison qu'il a connue", témoigne cette mère de famille.

Le "meilleur quartier du monde"

La rue des Cosomonautes était au cœur "du meilleur quartier du monde", assure Olga. "C'est le quartier parfait pour vivre avec des enfants. Il y a beaucoup d'activités proposées, comme la musique, l'art, la peinture, la danse. Les habitants sont souriants et chaleureux", raconte-t-elle, émue.

Les anciens habitants de ce quartier n'ont aujourd'hui plus qu'une envie: participer à la reconstruction de leur ville, une fois que la guerre sera finie.

Et en attendant de pouvoir revivre rue des Cosmonautes, un étudiant est venu fin mars jouer de la guitare dans le quartier meurtri de Kharkiv. Un symbole d'espoir qui a rapidement fait le tour du monde et des réseaux sociaux.

Article original publié sur BFMTV.com

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