À la Une: les États-Unis se préparent au dernier débat entre Donald Trump et Joe Biden

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Certains Américains se disent qu’ils ont mieux à faire, ce soir, que de regarder le dernier débat entre les deux candidats à la présidentielle, le républicain Donald Trump et le démocrate Joe Biden. C’est vrai, soupire le Dallas Morning News, « on se doute depuis longtemps que ce ne sera pas un débat d’idées, mais plutôt un chahut, une bagarre, voire un feu de poubelle ». Quand même, « 10 millions d’électeurs vont se brancher » pour le regarder, souligne le journal, qui estime qu’avec 12 jours restants, ce débat représente pour Donald Trump « la meilleure chance de faire tenir ses accusations sur l’éthique de Joe Biden », et pour le candidat démocrate une dernière occasion pour expliquer « ses convictions, en dehors du fait qu’il n’est pas Donald Trump. »

En plus, note dans un éditorial le New York Times, ce débat offre « l’invention dont tout le monde rêve : un bouton pour faire taire Trump ». Lorsqu’un des deux candidats parlera, le micro de son adversaire sera coupé pendant deux minutes. « L’équipe de Trump a fait savoir qu’elle détestait, mais alors vraiment, cette idée », rapporte le journal, tout en estimant que « personne n’en bénéficiera plus que Donald Trump », qui pendant le premier débat a interrompu Joe Biden et le modérateur en moyenne toutes les 42 secondes, « ce qui a été, évidemment, un désastre », juge le quotidien.

Le Wall Street Journal note d’ailleurs que « des conseillers l'ont pressé de repenser sa préparation de débat », mais selon les informations du quotidien « mercredi soir Donald Trump n’avait participé à aucun rendez-vous préparatoire ».

Barack Obama offensif

La presse parle aussi de l’intervention, nettement moins colérique celle-là, mais très critique à l’égard de Donald Trump, de l’ancien président Barack Obama mercredi soir. Alors que Joe Biden se fait discret pour protéger sa campagne du Covid-19, remarque le Washington Post, Barack Obama monte au front et se rend à Philadelphie, au cœur « d’un des États les plus disputés du pays », la Pennsylvanie, note le Wall Street Journal. Qui parle d’une attaque « cinglante » contre Donald Trump, « ardente » et « dévastatrice » pour le Washington Post, qui note que l’ancien président a attaqué Donald Trump sur toutes sortes de sujets – le paiement de ses impôts, les théories conspirationnistes qu’il relaie, sa manière de gérer l’économie, ses efforts pour détruire l’Obamacare.

Le quotidien rappelle que, pendant toute cette campagne, Barack Obama a été une doublure de poids pour Joe Biden lorsqu’il s’agissait de lever des fonds ou motiver les militants. Donald Trump a réagi peu après son discours, rapporte le Wall Street Journal, en affirmant que « personne n’avait fait autant campagne que lui pour soutenir “Hillary l’escroc », et en sous-entendant, une fois de plus « que l’ancien président pourrait être musulman, alors qu’il est chrétien ».

Manifestation et grève générale en Colombie

Hier, plusieurs milliers de personnes ont manifesté à Bogota et dans d’autres villes du pays, parmi lesquelles des autochtones, des étudiants et des enseignants. Principal objectif : dénoncer la violence dans les régions les plus reculées.

Dans la presse, tout le monde se félicite que ces manifestations se soient déroulées sans affrontements. Dans Semana, la maire de Bogota Claudia Lopez loue ce « bon comportement » : « pas d’infiltration des rebelles de l’ELN ou des Farcs, ni de francs-tireurs, pour délégitimer cette mobilisation ». Vous l’avez dit, les autochtones étaient là – ils avaient déjà manifesté pacifiquement lundi, et selon la ministre de l’Intérieur Alicia Arango cité par Semana ils ont « montré aux Colombiens qu’il était possible de manifester pacifiquement ». Mais comme ils n’ont pu débattre comme ils le voulaient avec le président, ils ont maintenant décidé de retourner dans leurs territoires note le journal.

De son côté El Tiempo rapporte les propos du président du syndicat d’enseignants Fecode, qui s’oppose au retour en classe en pleine pandémie. Nelson Alarcon dit attendre de nouvelles journées de manifestation le 21 novembre, un an après la grève nationale de 2019.

OEA et élections

L’OEA, l’Organisation des États américains, était réunie en Assemblée générale ces deux derniers jours, et elle a parlé élections. Le journal bolivien Los Tiempos note que l’OEA a félicité La Paz pour son élection présidentielle, qui a mis à la tête du pays Luis Arce, le dauphin de l’ex-président Evo Morales : « pas d’action frauduleuse », se félicite l’OEA, ce qui donne « un haut niveau de légitimité au gouvernement entrant ».

De son côté, le Venezuela a moins apprécié les décisions de l’OEA, qui ne reconnaîtra les prochaines élections du 6 décembre que « si sont mises en place les conditions nécessaires de liberté, justice, impartialité et transparence, garantissant la participation de tous les acteurs politiques et des citoyens », rapporte El Luchador, qui ajoute : « Sachant que l’essentiel de l’opposition a annoncé qu’elle ne participerait pas à ces élections qu’il considère frauduleuses ». Ultimas Noticias, proche du président Nicolas Maduro, reproduit la réaction du ministre des Affaires étrangères Jorge Arreaza : « Tout cela n’est qu’un disque rayé de l’échec de leurs résolutions » (celles de l’OEA) contre le Venezuela.