À la Une: États-Unis, impeachement or not impeachment pour Donald Trump?

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Aux États-Unis, « Course à la destitution alors que Pelosi presse le gouvernement à agir » titre le New York Times. Mais, remarque le Financial Times, des sénateurs des deux camps « résistent » à cette demande de la présidente de la Chambre des représentants. Un démocrate explique ainsi qu’il ne « veut pas que les procédures de destitution gênent les premiers mois de présidence de Joe Biden », pour agir, complète le Washington Post, sur la pandémie et l’économie vacillante ». Seulement, note le journal, « certains démocrates avouent ne pas savoir comment ralentir les choses au vu des passions qui se déchaînent de plus en plus contre Trump ». De fait, les pages « Opinions » des grands quotidiens sont sanglantes : « Destituez et condamnez Trump. Le Congrès doit se défendre », écrit ainsi dans le New York Times un politologue, insistant sur le fait qu’ « une des trois branches du gouvernement fédéral a incité à une attaque armée contre une autre de ses branches ».

De son côté, Politico affirme que l’« on doit enquêter sur les efforts de Donald Trump pour renverser les résultats de l’élection comme on l’a fait pour le 11 septembre » : « la comparaison peut d’abord sembler excessive », reconnaît l’éditorialiste, « mais dans les deux cas c’est le fonctionnement de base des institutions américaines qui a été attaqué. À chaque fois ont été révélées des faiblesses dans nos habitudes et nos procédures, des faiblesses qui n’avaient pas été suffisamment prises en compte avant le désastre ».

Selon le Boston Globe, la Chambre des représentants pourrait se réunir dès mercredi pour voter la destitution de Trump. Pour ce qui est du vote au Sénat, chez les démocrates plusieurs options sont sur la table pour ne pas gêner les 100 premiers jours de Joe Biden, note Politico : par exemple reporter à plus tard l’ouverture d’un procès au Sénat en gardant le texte à la Chambre.

Des « laquais » républicains

« Les laquais de Trump doivent aussi être punis », affirme dans un éditorial le New York Times, estimant que les Républicains « savaient parfaitement combien Trump manquait d’expérience mais aussi de caractère, de morale et d’intelligence. Beaucoup l’on dit avant son élection » - et le journaliste de citer Lindsay Graham parlant à l’époque d’un « xénophobe bigot qui ne représente pas mon parti ». Mais depuis, « les Républicains ont tourné le dos à tout ce à quoi ils croyaient », en toute connaissance de cause, menant finalement aux événements de mercredi dernier. Le Houston Chronicle demande lui à ses lecteurs de « ne pas condamner tous les Républicains », plutôt s’interroger sur le rôle qu'eux, Américains, « ont pu jouer dans l’affaiblissement de la démocratie (…) en permettant à nos politiciens, et certains de nos médias, de continuellement transformer nos légitimes différences en guerre sociale et culturelle, en considérant notre camp comme juste et noble et l’autre fautif et mauvais ».

Les « enragés » au Capitole

La presse a aussi enquêté sur ceux qui ont envahi le Capitole mercredi dernier, et que les autorités fédérales et locales poursuivent dans tous les États-Unis : « un groupe d’enragés plein d’amertume et de désillusions » titre le Washington Post : « Attirés par Trump, les émeutiers sont venus de tout le pays, rendus furieux par les masques, les confinements et l’élection ». Le Wall Street Journal raconte ainsi l’histoire - et la vie - de Doug Sweet, un supporter de Trump, « de sa première visite au Capitole à New York, à l’âge de 13 ans, en 1975 », quand il regardait le « dôme blanc scintillant en se disant que c’était la plus belle chose qu’il avait jamais vu », à son second voyage au Capitole, 45 ans plus tard, quand il a rejoint une foule déchaînée pour pénétrer dans le Capitole et « finir menotté, face contre terre ». Entre les deux, explique le quotidien, il y a eu « un idéalisme lumineux, la croyance dans de sombres théories conspirationnistes, une existence solitaire, et puis une nouvelle fraternité avec ceux qui sont convaincus que Joe Biden n’a jamais pu battre Donald Trump lors de la présidentielle de 2020. »

Au Mexique, le variant britannique du Covid

La souche britannique du Covid est arrivée au Mexique, le 28 décembre précisément, précise El Universal, qui comme le reste de la presse mexicaine se fait l’écho de la conférence de presse donnée hier par José Luis Alomia, le directeur général de l’Epidémiologie. Le patient a 56 ans, détaille Excelsior, il venait d’Amsterdam aux Pays-Bas lorsqu’il a atterri dans l’État de Tamaulipas « où son cas a été détecté à l’aéroport ». Actuellement, il est intubé, à l’hôpital. Concernant les personnes qui étaient sur le même vol que lui, 31 n’ont aucun symptôme explique José Luis Alomia, les deux qui en avaient ont été testées négatifs et douze sont aujourd’hui recherchées.

Plus largement, rappelle El Universal, le pays en est à plus de 133 700 morts du Covid, dont 502 ces dernière 24 heures, avec une mortalité qui a augmenté de 8% cette dernière semaine. Pour ce qui est de l’occupation de lits d'hôpital, la ville de Mexico est à 92%, proche de la saturation... Le Conseil politique du Sénat, rapporte Excelsior, a donc demandé aux législateurs de rester dans leurs États, la session extraordinaire prévue pour ce vendredi a été suspendue. Et, tout symbole, La Jornada nous apprend que le porte-parole de la présidence lui-même, Ramirez Cuevas, a été testé positif.

Manque de tests de dépistage en Haïti

« Les tests de dépistage Covid-19 viennent à manquer en plein essor de la pandémie », se désole Rezo Nodwes, du coup Haïti « réduit temporairement ces tests ». Un des « rares laboratoires du pays à (les) effectuer » indique que du coup « la priorité doit être donnée uniquement à ceux qui en ont le plus besoin ». Rezo Nodwes rappelle que « le pays a enregistré depuis mars 10 241 cas confirmés, 237 décès et 8 745 cas guéris ».