À Marseille, trois policiers du Raid toujours en garde à vue après la mort de Mohamed B. durant les émeutes

Cinq policiers de l’antenne de Marseille du Raid présents durant les émeutes ont été placés en garde à vue après la mort d’un homme potentiellement touché par un tir de LBD.
Cinq policiers de l’antenne de Marseille du Raid présents durant les émeutes ont été placés en garde à vue après la mort d’un homme potentiellement touché par un tir de LBD.

POLICE - Après la Bac, c’est au Raid de rendre des comptes à Marseille. Cinq policiers du Raid ont été placés en garde en vue ce mardi 8 oaût dans le cadre d’une enquête sur la mort d’un jeune homme de 27 ans en marge des émeutes début juillet à Marseille, a indiqué le parquet.

« Le parquet de Marseille confirme le placement en garde à vue mardi 8 août 2023 de cinq policiers de l’antenne de Marseille du Raid. Ces gardes à vue interviennent sur commission rogatoire du juge d’instruction dans le cadre de l’information judiciaire ouverte le 4 juillet », a expliqué le parquet dans un communiqué.

En début de soirée, deux de ces cinq policiers ont été remis en liberté, tandis que les gardes à vue des trois autres se poursuivaient ce mercredi matin.

Plusieurs autres policiers ont également été convoqués ce mardi afin d’être entendus en qualité de témoins, a précisé le parquet de Marseille. Plus tôt ce mardi, BFMTV avait également indiqué qu’une vingtaine de policiers du Raid devaient être convoqués par l’IGPN, la police des polices, pour être interrogés sur cette même affaire.

Au même moment, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin s’est discrètement rendu ce mardi dans un commissariat de Marseille, a appris l’AFP de source policière. Il a félicité les fonctionnaires pour une saisie de cannabis puis, a « de manière informelle » échangé durant une heure avec une soixantaine de policiers, selon cette source.

Un probable tir de LBD

Dans la nuit du 1er au 2 juillet, alors que le centre de Marseille était en proie aux dégradations et aux pillages à la suite de la mort de Nahel, tué à Nanterre par un policier lors d’un contrôle routier, Mohamed Bendriss, marié, père d’un enfant et dont la veuve attend un deuxième enfant, avait perdu la vie après avoir fait un malaise alors qu’il circulait à scooter.

Mais lors de son autopsie, la trace de ce qui pourrait être l’impact d’un tir de LBD avait été repérée sur sa poitrine. Le parquet de Marseille avait alors précisé à BFMTV que l’arrêt cardiaque avait été produit par un « choc violent au niveau du thorax ».

Dès le 4 juillet, une information judiciaire avait été ouverte par le parquet de Marseille pour « coups mortels avec arme » qui avait été confiée à la police judiciaire et à l’Inspection générale de la police nationale. Au total, 31 enquêtes de l’IGPN, la police des polices, ont été ouvertes lors des émeutes, a indiqué une source policière à l’AFP.

Il s’agit d’une nouvelle enquête à Marseille mettant en cause des agents des forces de l’ordre qui pourraient être soupçonnés de violences policières, après l’affaire du passage à tabac d’un jeune homme, Hedi, dont une partie du crâne a dû être amputée, également en marge des émeutes.

Dans l’ombre de l’affaire Hedi

Le 21 juillet, quatre policiers marseillais avaient été mis en examen pour les violences contre Hedi du chef de « violences volontaires ayant entraîné une incapacité totale de travail (ITT) supérieure à 8 jours » aggravées par trois circonstances en ce qu’elles ont été « commises en réunion, avec usage ou menace d’une arme et par personne dépositaire de l’autorité publique dans l’exercice de ses fonctions ».

Sur ces quatre fonctionnaires, trois avaient été placés sous contrôle judiciaire et un placé en détention provisoire, où il se trouve toujours encore après le rejet de son appel début août par la Cour d’appel d’Aix-en-Provence. Ce qui a d’ailleurs déclenché une fronde d’une partie des effectifs de police en soutien pour leur collègue.

Concernant la mort de Mohamed, « sa mère dit que son fils n’était pas dans les émeutes », a indiqué ce mardi à l’AFP Kaouther Ben Mohamed, présidente de l’association « Marseille en colère ! ». Les proches de Mohamed avaient également espéré qu’une enquête « loyale et objective » ait lieu.

« La famille de Mohamed est dans l’espoir que les policiers soient identifiés et poursuivis », a déclaré à l’AFP Arié Alimi, avocat de la femme de Mohamed Bendriss.

Ils avaient souligné le 7 juillet à travers un communiqué des avocats Thierry Ospital et Frédéric Coffano (conseils respectivement de la compagne et de la mère de Mohamed Bendriss), que la famille « recherche uniquement et seulement la vérité et la justice » et qu’elle n’entendait « en aucun cas polémiquer et porter des accusations ou anathèmes à l’encontre de quiconque ».

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