Menacé par une possible triangulaire avec le PS et le FN, l’ex-ministre du Travail joue à fond l’ancrage local.
«Combien de temps pour faire une vidange ?» Accoudé sur le flanc d’un camion, Xavier Bertrand se délecte de mettre les mains dans le cambouis. En campagne ce jour-là, dans son fief de Saint-Quentin, il visite l’entreprise de transport logistique Citra, deuxième employeur privé du coin. L’ancien ministre du Travail est candidat à sa propre succession dans la 2e circonscription de l’Aisne. Souriant, le maire de Saint-Quentin se laisse volontiers tutoyer, il est ici chez lui. Mais pas tout à fait serein.
Le temps d’un petit tour d’une heure dans les entrepôts, il distille ses thèmes de campagne : il se battra contre «la retraite à 60 ans», pour «la défense des heures supplémentaires» menacées par la gauche au pouvoir.
Etiquette. Parmi les ténors de la majorité sortante, c’est l’un des plus fragilisés sur son territoire. La candidate socialiste, Anne Ferreira, compte bien bénéficier du bon score de François Hollande au second tour de la présidentielle (52,57%) dans cette circonscription. Surtout, Marine Le Pen a talonné Nicolas Sarkozy au premier tour, avec 24,9% des voix. «C’est jouable», se borne à répéter l’intéressé, malgré les risques évidents de triangulaire. Tout juste Xavier Bertrand écarte-t-il la possibilité d’être élu dès le premier tour, comme en 2007 : «Il y a trop de candidats.»
Pour le week-end de Pentecôte, il a répondu présent aux Fêtes du bouffon, le carnaval local. Venue assister aux festivités, Hélène, infirmière à Saint-Quentin, se dit «plutôt de gauche». «Mais avec Xavier Bertrand, c’est différent. Le samedi midi, après le marché, il va boire son café au Carillon, sur la place ! On connaît tous ses petites habitudes.» Gérard, au chômage, confirme: «La proximité, ça compte. Les autres candidats ? On ne les connaît pas, il n’y a que des nouvelles têtes cette année.»
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