Wall Street, encouragée jeudi par la décision de la Banque centrale européenne (BCE) d'abaisser son principal taux directeur et par une baisse des inscriptions au chômage aux Etats-Unis, a fait grimper l'indice élargi S&P 500 à un nouveau record.
Selon des résultats définitifs, l'indice Dow Jones Industrial Average a avancé de 0,89% ou 130,63 points, à 14.831,58 points.
Le Nasdaq, à dominante technologique, a progressé de 1,26% ou 41,49 points à 3.340,62 points, établissant ainsi un nouveau sommet depuis novembre 2000.
Le S&P 500, le plus suivi par les investisseurs américains, a battu d'un fil son précédent sommet, terminant en hausse de 0,94% (+14,89 points), à 1.597,59 points. Il a fallu attendre les arbitrages suivant la clôture officielle de la Bourse pour qu'il parvienne à se hisser au dessus du record de mardi, de deux centièmes de points.
"Le marché a récupéré toutes ses pertes de la veille grâce aux banques centrales", selon Peter Cardillo, de Rockwell Global Capital.
Après l'annonce par la Réserve fédérale américaine mercredi du maintien de sa politique monétaire ultra accommodante, la BCE a annoncé aujourd'hui l'abaissement de son principal taux directeur à 0,5%, son plus bas niveau historique, dans l'espoir que cela stimule la croissance, atone, de la zone euro.
"Cela permet au marché de continuer à s'alimenter en liquidités", a remarqué M. Cardillo.
Certains investisseurs accueillaient toutefois l'annonce de l'institution européenne avec plus de retenue.
"Ils ont fait le minimum, ils n'ont rien annoncé d'autre, notamment sur les petites et moyennes entreprises", a ainsi remarqué le gestionnaire de portefeuilles Dan Greenhaus, de BTIG. "Abaisser le taux d'intérêt ne va pas suffire à résoudre la crise" dans la région, a-t-il estimé.
Mais le marché a aussi été entraîné vers le haut par la "bonne nouvelle" d'une baisse plus forte que prévu des inscriptions au chômage la semaine dernière, qui se sont établies à leur plus bas niveau depuis janvier 2008, a remarqué Fred Dickson, de DA Davidson.
Cette information rassurait le marché, ébranlé la veille par des chiffres de la société ADP montrant un net recul des embauches dans le secteur privé en avril. Les opérateurs attendent désormais avec un peu plus de sérénité la diffusion vendredi du rapport officiel sur l'emploi aux Etats-Unis en avril, jugé comme un indicateur crucial sur la vigueur de la croissance du pays.
Sur le front des valeurs, le réseau social Facebook a bondi de 5,61% à 28,97 dollars après l'annonce d'un bénéfice et d'un chiffre d'affaires en nette hausse.
Le constructeur automobile General Motors (GM) a de son côté fait état d'un bénéfice et d'un chiffre d'affaire en recul mais tous deux ont dépassé les attentes du marché (+3,25% à 31,16 dollars).
Le marché a également salué les bénéfices plus élevés que prévu du spécialiste des paiements par carte bancaires Visa (+5,65% à 175,40 dollars) et du groupe de cosmétiques Estée Lauder (+2,63% à 70,60 dollars).
Le site internet Yelp, spécialisé dans les critiques de restaurants et de commerces locaux, a pour sa part explosé de 27,35% à 32,22 dollars après la diffusion de bons chiffres.
Pour son entrée sur le New York Stock Exchange, la filiale américaine du bancassureur néerlandais ING a gagné 6,87% à 20,84 dollars.
Après avoir hésité, le marché a finalement bien accueilli l'annonce par le premier fabricant mondial de microprocesseurs, l'Américain Intel, de la nomination au poste de directeur général de son actuel directeur d'exploitation Brian Krzanich (+0,50% à 24,11 dollars)
Le marché obligataire s'est affiché en hausse. Le rendement du bon du Trésor à 10 ans a reculé à 1,631% contre 1,639% mercredi soir, et celui à 30 ans à 2,828% contre 2,840% la veille.



