Les salariés de l’enseigne ont manifesté, vendredi, contre les orientations du groupe PPR. Ils dénoncent la hausse de 10% de la rémunération du PDG François-Henri Pinault.
Pas question de revivre l’épisode de 2009. Le groupe PPR avait pris ses dispositions, vendredi, pour éviter toute rencontre malencontreuse entre son PDG, François-Henri Pinault, et des salariés mécontents de la Fnac, une des filiales de l’entreprise. Il y a trois ans, l’héritier de la dynastie avait été retenu dans son taxi pendant près d’une heure, à l’issue d’un conseil européen du groupe. Bloqué par une cinquantaine de salariés de la Fnac et de Conforama, il en était ressorti fâché.
Cette fois, les grands moyens étaient de sortie. Plusieurs dizaines de CRS avaient été déployés autour du palais Brongniart, où se tenait l’assemblée générale des actionnaires de PPR. Dès 15 heures, ils se sont mis en action pour évacuer les salariés de la Fnac venus manifester. En moins de quinze minutes et après plusieurs charges musclées, ils ont repoussé les protestataires au milieu de la place de la Bourse.
Cela n’a pas empêché les manifestants d’exprimer leur désarroi. Depuis plusieurs semaines, ils protestent contre la politique de «modération salariale» imposée par Alexandre Bompard, le patron de la Fnac. Tous dénoncent la perte de sens de leur métier. Jadis «agitateur d’idées», le géant des produits culturels deviendrait une banale grande surface (Libération du 23 avril). «Tout ce que la direction nous demande, c’est de refourguer des extensions de garantie et des cartes de fidélité», résume Yannick, vendeur au rayon micro-informatique.
L’avenir de l’entreprise inquiète. Un plan d’économies a été mis en place pour 2012, et 310 emplois devraient être supprimés en France. A terme, tous redoutent que PPR ne se débarrasse de la Fnac. François-Henri Pinault ne les aura pas rassurés. Après s’être excusé auprès de ses actionnaires pour «les désagréments qu’[ils] auraient pu rencontrer à l’entrée», Pinault a (...)
La Fnac : un modèle bientôt épuisé
«Venir chez nous ne signifie plus rien de particulier»
L’Espagne coule mais ne se rend pas
Les boss en ont assez de bosser pour Sarkozy
Kerviel à l'offensive contre la Société générale


