Deux personnes ont été tuées vendredi lors de la tentative de prise d’assaut de l’ambassade américaine par des salafistes protestant contre le film «l’Innocence des musulmans».
Une épaisse fumée noire s’échappe depuis l’arrière de l’ambassade américaine, à Tunis. Un bâtiment diplomatique, situé hors de l’enceinte, est en feu. Deux mères voilées regardent la scène. L’une est venue «récupérer [son] fils de 12 ans venu manifester». L’autre commente : «Il ne faut pas tuer des gens, mais brûler, ils ont le droit. Les Américains ne doivent pas faire des films sur notre prophète.» «Ils ont touché l’islam», s’énerve une jeune fille, lookée tendance, avant de lancer des youyous, tandis que plusieurs voitures klaxonnent en signe de soutien. «C’est une grande fête populaire», lance-t-elle. «Il faut qu’ils comprennent qu’il ne faut plus toucher ni à Allah ni aux prophètes, c’est une ligne rouge pour les musulmans», juge Zied, qui a fait deux heures de route pour l’occasion.
Un bandeau marqué d’une profession de foi autour du crâne, vêtu d’un tee-shirt «Tout sauf notre prophète», Mohammed Gafsi juge que c’est mérité. «Les Etats-Unis sont en train de coloniser le monde, ils nous provoquent pour pouvoir nous faire la guerre. Il faut bien qu’on les arrête», dit-il, en partant faire sa prière. Autour, on entend encore des détonations, des tirs de sommation et les grenades lacrymogènes pleuvent de l’autre côté de la route.
Cagoulé. A Tunis, la manifestation contre le film l’Innocence des musulmans a vite tourné à l’émeute. Après la prière, plusieurs groupes ont convergé vers la représentation américaine, située dans le quartier d’affaires des Berges du lac. Marwan était l’un des premiers arrivés. «Aujourd’hui, c’est un vendredi pour rendre hommage à notre prophète, pas pour mettre le feu au bâtiment comme en Libye», dit le jeune homme, qui préfère ne pas crier trop fort son appartenance au parti islamiste Ennahda, pas très bien vu des plus radicaux, venus en force. Quelques minutes (...)
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