Vêtue d'une veste à paillettes mauves, un large sourire au visage, Michèle Richard a fait une apparition remarquée sur le plateau de «Tout le monde en parle» dimanche. Elle a présenté son autobiographie «Dressée pour être star», dans laquelle elle raconte des moments singuliers de sa vie intime.
L'aventure de la rédaction a commencé il y a un an, lorsqu'une compagnie de production l'a approchée. La société désirait faire un film sur sa vie. «Jai commencé à l'aimer, mon livre. À me dévoiler, doucement. Ça a pris un an. Et maintenant, je suis fière. Qu'il y ait un film ou pas, ce n'est pas important.» Et qui jouerait Michelle Richard? «Coeur de pirate! Elle est belle, bonne, énergique… (?) ou Marie-Mai, je l'adore!»
Assise à côté de Richard Desjardins, elle s'est souvenue d'une conversion qu'ils avaient eu. «Il m'a dit : «Quand j'étais petit, j'avait des affiches de toi dans ma chambre!», lance-t-elle en riant. L'auteur-compositeur-interprète s'est défendu en affirmant ne pas se le rappeler…
Le succès a ses avantages ? les «privilèges»,dit-elle, mais il a aussi ses inconvénients. Elle a par exemple connu certains admirateurs trop insistants. «Il y en a un qui s'est introduit dans ma résidence de Saint-Adèle. Il s'est allongé dans le lit et il m'attendait.» L'absence de vie privée est d'ailleurs ce qui agace le plus la chanteuse. Elle déteste aussi qu'on l'accuse de «chercher la publicité».
La vie amoureuse de la célébrité occupe une place importante dans son autobiographie. Elle a notamment eu une relation avec Guy Cloutier, Yvan Demers, Claude F. Archambault. Elle a d'ailleurs raconté une anecdote de leur vie de couple. Un jour, Michèle Richard est sortie, nue, de la salle de bain, avec une casquette de Donald Duck sur la tête. Elle a ensuite sauté sur le lit où ce dernier était couché. Il l'a ensuite boudé pendant plusieurs jours. «Moi je trouvais ça drôle. Mais, des fois, je ris toute seule.»
Mais pourquoi raconter des moments aussi intimes? «Je voulais au moins que vous appreniez des choses. Je devais donc raconter des choses personnelles.» Elle n'a pas peur des mots, affirme-t-elle, et elle s'est donné la liberté de tout raconter.
Lorsque Guy A Lepage l'a questionnée sur la famille qu'elle n'a jamais eue, Michèle Richard est devenue plus émotive. Elle a subi un avortement dans les années quatre-vingt, épreuve qu'elle a surmontée difficilement. «J'avais un projet de film en Europe. Je ne regrette pas, mais ce fut très dur.» Elle repense souvent à un voyage qu'elle a fait avec Renée Martel et son petit garçon de cinq ans. «Chaque fois que j'y pense, ça me tue. J'ai échappé à beaucoup de choses. Mais c'est comme ça…»
Richard Desjardins et Ugo Lapointe
Richard Desjardins et l'écologiste Ugo Lapointe étaient de passage à «Tout le monde en parle» pour parler de l'impact de l'exploitation minière dans le Nord du Québec. L'auteur-compositeur-interprète a lancé la semaine dernière le documentaire «Trou Story», qu'il a réalisé avec Robert Monderie.
«Je ne suis pas contre les mines», explique d'emblée Richard Desjardins. L'industrie forestière et minière fait vivre de nombreuses familles au Québec et il en est bien conscient. Ce qu'il veut, c'est qu'une prise de conscience collective s'effectue. «Les gens sentent la démesure du pouvoir de l'industrie minière au Québec.»
Les redevances que les industries minières versent au Québec sont minimes, voire nulles, s'indigne Richard Desjardins. «C'est plus grave que le référendum perdu.» Plusieurs sociétés ne versent pas les montants dus au gouvernement du Québec, déplore-t-il, et elles bénéficient la plupart du temps d'importants crédits d'impôt.
«Les industries ont fait un profit net 2 milliards, enchaîne Ugo Lapointe. (?) On est tous propriétaires des ressources naturelles non renouvelables du Québec.» La Loi sur les mines instaure un déséquilibre de pouvoir entre les industries et les citoyens, dénonce également le président de la Coalition pour que le Québec ait meilleure mine.
Richard Desjardins vit maintenant de sa musique, mais c'est loin d'avoir toujours été le cas. «C'est un immense privilège. Je suis conscient que ce n'est pas tous les artistes qui peuvent vivre de leur art.» Il est allé quelques fois sur le Vieux Continent. La première fois qu'il a fait un spectacle en France, un écran géant affichait la traduction en français international de ses chansons.«Ça me coupe beaucoup de monde [de chanter avec l'accent québécois]. Mais y'en a toujours assez pour avoir du fun.»
Joyce Napier
La correspondante de Radio-Canada à Washington, Joyce Napier, a parlé de son métier de journaliste. Le premier événement qu'elle a couvert en carrière est la tragédie de Polytechnique. «C'était terrible.» Elle a également été correspondante à Jérusalem, avec son mari, également journaliste. Elle a habité avec ses enfants dans la zone de guerre. «On finit par s'attacher à l'histoire qu'on couvre. On veut la raconter jusqu'au bout. C'est la peur qu'on réussit à maîtriser. »
Joyce Napier a connu la guerre, elle suit la politique américaine. Mais le reportage qui l'a le plus touchée est celui qu'elle a fait sur la mort de Jean-Paul II. « C'est quand les choses vous surprennent qu'ils vous touchent le plus. Ils étaient 400 000 milles personnes [au Vatican] et ils étaient complètement silencieux. J'entendais le bruit de mes talons sur le sol.»
Coeur de pirate
L'auteure-compositrice-interprète Béatrice Martin était de passage à «Tout le monde en parle» pour parler de son nouveau disque «Blonde», Vêtue d'une robe noire qui laissait voir ses tatouages, Coeur de pirate a expliqué d'emblée le choix du titre de son album. «C'est provocateur, direct.»
Les ruptures amoureuses sont le sujet de la plupart de ses chansons. «J'ai grandi dans un contexte où je ne savais pas c'était quoi avoir des chums. (?) J'étais un pichou au secondaire, disons-le. (?)Ensuite, les relations se terminaient et je ne comprenais juste pas pourquoi.» Elle a d'ailleurs enregistré un album avec le chanteur de Bedouin Soundclash, Jay Maliknowski, avec qui elle a également été en couple. «On ne savait pas si on était en couple pour faire un album ou si on faisait un album parce qu'on était en couple.»
Si elle passe son temps entre Montréal et Paris, elle maintient que sa vraie maison reste l'aéroport. «Je ne peux pas rester plus de deux semaines au même endroit. J'ai tout le temps besoin de bouger.»
À de nombreuses reprises, Michèle Richard a répondu aux questions de Guy A Lepage adressées à Béatrice Martin. Elle l'a également interrompue plusieurs fois. «Aimerais-tu faire l'entrevue à ma place, Michèle?», a demandé, sarcastique, la jeune auteure-compositrice-interprète.
Maïwenn
La réalisatrice et comédienne Maïwenn a expliqué la démarche derrière son dernier film «Polisse», qui est inspiré du quotidien de policiers de la Brigade des mineurs de France. Elle a passé un temps inconnu - «Je ne peux pas le dire», affirme-t-elle- avec des agents qui côtoient chaque jour des enfants maltraités. Si elle a été touchée par tout ce qu'elle a vu, elle a été surprise de ressentir de l'empathie pour les agresseurs. «Je ne m'attendais pas à avoir envie de serrer un pédophile dans mes bras.»
La violence faite aux enfants est dévastatrice, dit-elle, et l'inceste est un des sévices les plus pernicieux. «Les vrais incestes, ce n'est jamais fait avec un couteau sur la gorge. Ce sont des gens que les enfants aiment (?) C'est un meurtre des sentiments»
Marie-Claude Savard
Ancienne journaliste sportive à «Salut, bonjour!», Marie-Claude Savard était de passage pour parler de son nouveau livre «Orpheline». Elle y raconte la mort de ses parents, décédés à quelques mois d'intervalle.
Sa mère a préparé son départ avec elle. «À moment donné, on a laissé tomber les masques. On est allé à l'essentiel.» Ses deux parents partis, elle a ressenti une liberté nouvelle. «Il n'y a plus personne à décevoir.»
En tant que journaliste sportive, Marie-Claude Savard est une «fille dans un monde de gars». Un jour, les joueurs des Alouettes lui ont d'ailleurs déjà joué un tour. «Je faisais une entrevue avec un joueur dans le vestiaire, et ils ont décidé d'enlever leur serviette en même temps… Et je ne suis pas grande…»



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