Déterminée, drôle, et sympathique, Janette Bertrand a encore de l'énergie à revendre. À 87 ans, elle n'a pas fini d'analyser les problèmes des couples contemporains et les travers parfois machistes de la société.
L'animatrice et écrivaine était de passage à «Tout le monde en parle» pour présenter son nouveau livre, «Lit double», dans lequel elle met en scène cinq couples différents. «Je suis partie de l'idée que s'il y a 51% des couples qui se séparent, ça veut dire que 49% des autres durent.» Son livre laisse une grande place à la sexualité, dit-elle, un aspect de l'être humain qui la fascine.
En couple «depuis 60 ans», Janette Bertrand est une grande amoureuse et aussi une mère. «Je ne peux pas dire que je suis une mère avant tout. Je suis une femme avant tout.» Selon elle, le secret du couple réside dans la période qui vient «après la passion». «Au début, tu fais l'amour tout le temps, tu ne peux pas te parler, tu ne te connais pas! Après arrive l'amour et tu te demandes si tu peux bâtir quelque chose.»
Elle déplore que les politiciennes soient dénigrées sur leur seul statut de femme. Les commentaires dépréciatifs qui ont par exemple visé Pauline Marois l'enragent. «Un homme qui a de l'argent, il a réussit. Une femme, c'est mal vu! [?]Ça me choque, ça me choque, ça me choque!»
En novembre dernier, l'Assemblée nationale a décerné à Mme Bertrand le prix Guy-Mauffette pour l'ensemble de sa carrière.
Marc Parent
Le chef du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Marc Parent, estime que ses policiers sont bien formés pour encadrer les manifestations et qu'ils ne font usage de la force minimale qu'après avoir épuisé toutes les solutions.
Le nombre de manifestations étudiantes que le SPVM a dû encadrer depuis deux mois est exceptionnel, affirme Marc Parent, qui martèle que son organisation défend le droit à la manifestation. «Le moral va bien. [?] On calcule qu'il y a eu environ 160 manifestations étudiantes. C'est très exigeant, mais nos gens sont formés pour ça.»
Selon lui, ses agents doivent s'assurer que les rassemblements se déroulent de manière sécuritaire. Ils n'interviennent que lorsqu'un acte criminel est constaté, dit-il. «On n'est pas parfait. Il y a eu des situations où j'ai demandé à avoir plus d'informations sur certaines interventions.»
Interrogé sur l'arrestation de deux journalistes de La Presse, Marc Parent a répondu que Phillippe Teisceira-Lessard avait été pris dans le groupe accusé d'acte criminel. Quant au photographe Martin Chamberland, il indique qu'il y a eu un malentendu. « Je pense qu'on aurait pu faire mieux. [?] Dans ce cas-ci, il y a eu une incompréhension de notre part.» Il a ajouté que les journalistes étaient avant tout des «partenaires de la sécurité publique».
Alain Gravel et Fabrice de Pierrebourg
Les journalistes Alain Gravel et Fabrice de Pierrebourg sont venus expliquer les derniers développements dans leurs enquêtes sur la collusion et la corruption dans l'industrie de la construction.
Si leur travail est plus qu'essentiel, Alain Gravel est clair : «On ne veut pas se substituer aux tribunaux.» Pour mener à bien leurs recherches, des contacts et des collaborateurs sont absolument nécessaires. «Si vous n'avez pas de contact, ça sera extrêmement difficile», explique Fabrice de Pierrebourg.
L'Unité permanente anticorruption a procédé à l'arrestation du maire de Mascouche Richard Marcotte et de l'homme d'affaires Tony Arcuso. Alain Gravel a été invité à commenter ce coup de filet intitulé «Opération Gravier». «Je présume que pour en arriver à l'arrestation d'un maire et d'un homme d'affaires très important, j'imagine que la preuve est assez solide.» De nombreux accusés ont également des liens avec le Parti libéral. Pour Alain Gravel, ces arrestations ne sont certainement pas une bonne nouvelle pour Jean Charest.
Jean Garon
Ministre de l'Éducation sous Jacques Parizeau, Jean Garon a pris position en faveur des étudiants qui luttent contre la hausse des droits de scolarité.
Selon lui, les dépassements de coûts sont nombreux au sein des administrations des universités. Il faudrait donc «faire le ménage» de ce côté avant de demander aux étudiants d'assumer une hausse. Lorsqu'il a été ministre, il raconte qu'il avait menacé les banques de faire un appel d'offres si elles ne diminuaient pas les intérêts sur les prêts étudiants. Quant à Line Beauchamp, il avoue ne pas la connaître. «Je ne sais pas quel mandat elle a eu. Si le premier ministre a dit, «tiens le fort», elle est attachée et bien ficelée.»
Jean Garon a mené une longue carrière politique. Il dit avoir toujours douté que Lucien Bouchard fût indépendantiste. «Batinche, il a été dans tous les partis! [?] Les sincérités successives, je ne crois pas à ça…»
Danièle Henkel
La femme d'affaires Danièle Henkel, une des «dragonnes» de l'émission «Dans l'oeil du dragon», est une femme de tête au parcours atypique. «Ce qui m'a plu, c'est ce qui me plait dans ce que je fais : la personne.» Dans l'émission à laquelle elle participe, ce sont ses propres fonds qu'elle investit. «C'est l'argent pour mes enfants, que j'ai gagné en travaillant fort.»
Danièle Henkel a travaillé pendant des années en Algérie avant d'émigrer au Québec. «J'ai commencé mes démarches [d'immigration] toute seule. La France non, l'Espagne, non. Les États-Unis, oui. J'étais déjà venue au Québec, quelques jours. [...] Je l'ai choisi d'abord pour la langue, la tradition, la famille.» Elle avoue qu'elle a dû «tout recommencer», mais qu'elle n'a «jamais rien regretté.»
Elle a également profité de son passage à «Tout le monde en parle» pour offrir quelques conseils sur l'entrepreneurship.
Christian Bégin
Christian Bégin est une des vedettes de la pièce «Le Prénom», qui sera présentée dans le cadre du Festival Juste pour rire en juin. Récemment, il a présenté sa dernière pièce «Après moi» au théâtre La Licorne. «Je crois que l'on est désespérément seul. [..] Les notions d'empathie, d'altruisme se dégradent au profit d'une glorification du moi.»
Selon lui, la notion d'«intérêt public» a disparu du discours des politiciens. «Quand il n'y a plus de doute dans l'exercice du pouvoir, il y a pour moi un grand danger.»
S'il est de retour à la barre de «Christian Bégin», il se dit déçu que «Bar ouvert» ne revienne pas en ondes. « J'aurais souhaité qu'on lui laisse une chance encore.»
Il s'est également dit préoccupé par l'issue du conflit sur la hausse des droits de scolarité. Selon lui, le gouvernement pousse les étudiants à bout en restant muet devant leurs revendications.



