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    A Toulouse, un siège interminable

    Il est 23 h 35, hier soir, quand trois violentes explosions sont entendues près de l’immeuble où est retranché Mohamed Merah. Selon le ministère de l’Intérieur, il s’agit de grenades assourdissantes et incapacitantes jetées par les policiers du Raid sur les fenêtres de l’appartement du jeune homme pour faire monter la pression et le pousser à se rendre. Puis des projecteurs balayent le premier étage du bâtiment. Sans autre mouvement apparent une demi- heure plus tard.

    Un peu plus tôt, à 21 heures, l’éclairage public avait été coupé dans le quartier. Peu auparavant, Claude Guéant déclarait : «Il [Merah, ndlr] affirme qu’il veut se rendre bientôt, il voulait le faire de toute façon à la nuit déjà tombée, et nous espérons qu’il va effectivement se rendre bientôt. Les conditions de sa reddition sont en cours de négociations.»

    Mardi, 3 h 10 du matin, dans le quartier résidentiel de la Côte-Pavée, dans le sud-est de Toulouse. Mathieu, 19 ans, étudiant, est réveillé par un bruit de circulation. La rue où il habite, parallèle à la rue du Sergent-Vigné, est étroite et en sens unique. Même de jour, il y passe peu de véhicules. Il se lève et voit, sous ses fenêtres, un défilé de fourgons, voitures et motos de police. Il sursaute en entendant des coups de feu. C’est le premier assaut donné par les policiers du Raid contre la porte de Mohamed Merah. Ils viennent d’arriver, chargent, et l’homme de 23 ans réplique en ouvrant le feu. Un policier est blessé au genou. Silence à nouveau. Une lumière bleue envahit le salon de Mathieu : des gyrophares, un ballet incessant. A 5 h 20, coups de feu. C’est le deuxième échange de tirs, un policier est blessé à l’épaule. Il n’y aura plus d’assaut jusqu’au soir : les policiers veulent Mohamed Merah vivant, pas question de risquer un carnage. La négociation, à travers la porte de l’appartement du rez-de-chaussée, s’engage.

    Badauds. Dans les rues voisines arrivent des journalistes. Des barrages de police les arrêtent. Dans le noir, sous (...) Lire la suite sur Liberation.fr

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