Devant plusieurs milliers de personnes, le président-candidat a appelé ses concitoyens à «être fiers d'être français».
Et voilà que Nicolas Sarkozy relit. Sous ses yeux, un discours de treize pages pour exalter la «nation» et «lever le tabou de la frontière». Après une semaine de réunions publiques sans aucune note, à marteler les même figures imposées, le Président-candidat, lancé aux trousses des électeurs de Marine Le Pen, a retrouvé son texte. Et sa plume, Henri Guaino, appelé à la rescousse, pour donner au boxeur-challenger un peu de hauteur. Certes, «le système médiatique et les élites» qui intenteraient contre lui des «procès staliniens» sont toujours conspués, la menace des «tribus» encore brandie, François Hollande qui soit disant défilerait le 1er mai «sous les drapeaux rouges de la CGT» inlassablement hué. Mais le ton, hier à Toulouse, est nettement plus lyrique pour célébrer «l’identité française», «l’amour de la patrie», «le sentiment national qui est hautement respectable». Et la «frontière» érigée en «thème majeur» de de 2012, après la fracture sociale en 1995 et le travail en 2007.
Avant l’arrivée du candidat, Alain Juppé, François Fillon, Jean-François Copé, Xavier Bertrand, Bruno Le Maire et Nadine Morano se chargent du préambule. A distance, sur un écran géant façon split-screen. Les ténors de la majorité ont été déployés à Lyon, Metz, Marcq-en-Baroeul Orléans, Rennes, et Limoges pour jouer les chauffeurs de salles avant la retransmission du discours.
«Ils la jouent multiplex», s’amuse Thierry, toulousain qui patiente sagement dans la halle des expositions tandis que derrière lui, une militante aux joues barrées de maquillage bleu-blanc-rouge, survoltée, crie debout sur sa chaise. Un peu gêné par le «matraquage parfois pesant» de thèmes comme l’immigration, il regrette les impasses de la campagne: «Je suis globalement d’accord avec lui mais on n’a pas parlé de certaines choses concrètes, le pouvoir d’achat, l'économie. Ma femme est (...)
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