«Couvrez-vous bien ! Ici, c’est la Sibérie !» Dans les Deux-Sèvres, à Thouars, le thermomètre a frôlé les -12. La neige a recouvert les plaines et vignobles du pays. Sur la place du marché, les agents d’entretien ont ressorti des balais de brande (brindilles de bruyère). Exit la «nettoyeuse». Les bouts de neige glacée bloqueraient la machine. Stéphane, 42 ans, montre les engelures au bout des mains. Au lendemain des chutes de neige, il a commencé son service à 4 heures du matin. Dans certaines rues pentues, la saleuse ne passe pas. Alors, les pelles martèlent la glace.
La petite commune compte 216 000 mètres carrés de trottoir, 80 kilomètres de voirie pour 10 000 habitants. «On n’en voit jamais le bout», glisse Stéphane Il voudrait qu’on embauche. Vêtu d’une grosse parka jaune et bleue, son collègue Peter regrette les «gens méchants» qui les trouvent trop lents. Soixante-dix tonnes de sel ont été épuisées, cinquante sont en commande. La neige énerve, la neige rend enragé et parfois incorrect. La veille au soir, cette retraitée s’est fait une frayeur. «Fille de putain, j’ai failli bien m’étaler», lâche-t-elle. Un lampadaire lui a sauvé la mise.
La carte météo de France 3 Poitou-Charentes mentionne Niort, Parthenay et Bressuire, mais pas Thouars. Le journal la Nouvelle République a compté 18 chutes dans la ville liées au verglas et à la neige depuis le début des flocons, 50 pour l’ensemble du département. Cet ouvrier a gagné un bras en écharpe et dix jours d’arrêt après s’être planté en débauchant : «Ils ont nettoyé le parking de ceux qui travaillent dans les bureaux, pas le nôtre», lâche-t-il, dépité.
«Vodka». 22 h 30, jeudi. Dans la rue semi-piétonne, seulement deux chats tigrés. A la Passerelle, le patron attend son habitué, un gars qui s’envoie à vélo ses 10 kilomètres pour rentrer chez lui. «Cinq shots de vodka avant son service, cinq shots au retour», détaille le patron. Les canalisations ont gelé chez cet intérimaire. Il se douche «au boulot», y remplit (...) Lire la suite sur Liberation.fr
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