Que comptent deux journalistes occidentaux tués à Homs alors que des milliers de Syriens sont morts depuis un an, que des milliers d’autres ont été torturés ? Les morts se valent et sont égaux devant la barbarie du régime syrien. Il reste que la mort de Marie Colvin et de Rémi Ochlik à Homs, après celle de Gilles Jacquier, dans des conditions suspectes, révèle que le pouvoir menacé de Bachar al-Assad cible délibérément les témoins indépendants de sa sauvagerie. Les artilleurs du dictateur syrien ont visé le «centre de presse» improvisé qui servait à dire l’horreur des bombardements massifs des populations civiles. Les obus du régime ont aussi tué Rami al-Sayed, un cameraman syrien qui envoyait au monde entier les rares images de la ville assiégée et martyrisée. La mort de ces reporters rappelle aux contempteurs des médias ou à ceux qui croient que tout se trouve sur le Web que des hommes et des femmes sont prêts à risquer leur vie pour informer. A Libération, comme le montrent les récits de nos envoyés spéciaux en Syrie. Et ailleurs. C’est notre métier, comme c’était celui de Marie Colvin, Gilles Jaquier, Rami al-Sayed ou Rémi Ochlik et de dizaines d’autres disparus sur les terrains de guerre.
Sans leurs témoignages, Al-Assad comme tant d’autres avant lui aurait pu continuer impunément à tuer et torturer son peuple. Leurs récits, leurs images peuvent sembler de faibles barrages à la barbarie. Ils en sont d’autant plus nécessaires.
Retrouvez cet article sur Liberation.fr
Washington hésite à épauler les rebelles
Trois reporters abattus en deux jours à Homs
Les humanitaires face au mur russe
Repères
La machine Poutine met de l’huile dans ses truquages



Il n'y a pas encore de commentaires