Ruche . A Paris, le fertile festival mêle musique et théâtre.
«Chut !» A plusieurs reprises, les responsables de la Loge émergent de la salle pour inciter en douceur leur (pourtant fort peu dissipé) public, sorti prendre l’air entre deux spectacles, à baisser d’un ton. La faute à quelques mauvais coucheurs du voisinage qui, en dépit de l’horaire pourtant très sage (21 heures), ne manqueront pas de bougonner à la première occasion. Ainsi va la vie nocturne à Paris, où l’engagement culturel requiert parfois plus d’abnégation qu’ailleurs.
Heureusement, cette petite salle d’environ 80 places, blottie dans la belle cour intérieure d’un immeuble de la rue de Charonne, a pris l’habitude depuis maintenant deux ans et demi de se signaler par un cocktail de flair et d’enthousiasme qui, compensant des moyens limités, en fait un des lieux les plus attachants de la capitale. Musique et théâtre y font bombance tout en gardant la taille mince, avec environ 100 concerts et 150 pièces, présentés durant la saison 2011-12 ; plusieurs noms en devenir ont déjà fréquenté la pépinière (Mina Tindle, GiedRé…) et Vanessa Paradis ou Christophe y ont déjà assuré d’inattendus featurings.
Les meilleures choses pouvant être prorogées, la structure joue pour la troisième année consécutive le temps additionnel avec son festival Summer of Loge décliné sur trois semaines. Jusqu’à hier soir, deux jeunes troupes ont occupé l’espace pendant trois jours : la compagnie Maëlström a revisité l’équivoque Peau d’âne en insistant sur l’aspect incestueux du conte de Perrault ; puis, avec une réjouissante inventivité, la compagnie la Boîte à outils a parcouru en mots et en musique (violon, accordéon et violoncelle) le mythe de Kurt Cobain, dans Peu importe, tant pis.
Pendant encore une semaine, le festival parisien annonce du folk (Summer week-ends), du théâtre et une soirée de clôture avec DJ. Et le couple à la tête de la Loge va tellement de l’avant qu’il a également prévu une jeune recrue pour septembre.
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