On a tendance à l'oublier, mais pour un grand nombre d'écrivains aujourd'hui passés à la postérité, ça n'a pas toujours marché du premier coup. Parmi les anecdotes les plus connues, il y a André Gide qui recale Marcel Proust à la NRF, ou trois éditeurs français qui passent à côté des Bienveillantes de Jonathan Littell. Dans un autre genre, Stieg Larsson avait reçu en 1972, suite à une candidature à l'Ecole de Journalisme de Stockholm, une lettre de refus lui indiquant qu'il n'était "pas assez bon pour être journaliste".
Comme le fait remarquer au Guardian Christopher MacLehose, l'éditeur qui découvrit et publia Millénium, cette lettre a d'autant plus d'impact, que l'on sait aujourd'hui qu'elle s'adresse à "un homme qui allait créer un magazine aussi inventif qu'engagé, qui se battrait contre la vague grandissante des activités et des idées de l'extrême droite en Suède". "Il a fait des choses qu'aucun journaliste Suédois n'a jamais pu égaler", ajoute MacLehose. Egalement interrogé, le frère de l'écrivain, Joakim Larsson, raconte que Stieg ne lui était pas apparu particulièrement amer après ce refus : "Bien sûr, il n'était pas joyeux. Il pensait postuler de nouveau l'année suivante, mais je ne crois pas qu'il l'ait fait." Stieg Larsson n'aura visiblement pas eu besoin de cette formation pour devenir non seulement un journaliste respecté, mais aussi l'un des auteurs les plus vendus de la planète.
Estimé entre 8.000 et 12.000 livres, ce courrier dactylographié sera mis en vente le 15 décembre chez Sotheby's, accompagné d'une édition spéciale de la trilogie Millénium. Les fonds seront reversés à Expo, la revue anti-fasciste que Stieg Larsson contribua à fonder.
Retrouvez cet article sur fluctuat.net
Le tome 4 de Millénium serait achevé à 70%
L'affiche porno-chic du Millenium de David Fincher
Stieg Larsson raconté par sa compagne : loin de l'industrie Millénium ?
Les Corrections de Franzen adapté en série pour HBO
William Vollmann raconte l'Amérique des hobos



1 commentaire